Une coalition d’ONG belges exhorte le gouvernement à plaider pour la suspension de l’accord d’association UE/entité sioniste

Le Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11), une coalition de plus de 70 ONG belges de solidarité internationale, a exhorté la Belgique à plaider au sein de l’Union européenne (UE) pour une suspension de l’Accord d’association qui lie l’UE à l’entité sioniste, soulignant l’urgence de « mettre un terme au génocide en cours à Ghaza et au nettoyage ethnique en Cisjordanie » occupée.
« Seule une telle mesure permettra d’exercer une réelle pression (sur l’entité sioniste) afin qu’elle respecte le droit international humanitaire », a affirmé Nathalie Janne, chargée de recherche et de plaidoyer Moyen-Orient et Afrique du Nord au CNCD-11.11.11, dans une déclaration publiée sur le site de l’organisation.
Selon cette responsable au CNCD-11.11.11, « la Belgique apportera vraisemblablement son soutien à l’initiative néerlandaise lors du Conseil des Affaires étrangères du 20 mai ».
Mais, « devant l’évidence du non-respect des droits humains, elle doit aller plus loin et plaider au sein de l’Union européenne pour une suspension de l’Accord d’association », a-t-elle souligné. Les partenaires de majorité à la Chambre des représentants (la chambre basse du Parlement fédéral belge) se sont accordés, cette semaine, à soutenir l’examen critique par la Commission européenne du respect par l’entité sioniste de l’article 2 de l’Accord d’association relatif au respect des droits humains.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a demandé la semaine dernière à la Commission européenne de procéder à une telle révision au vu du nouveau plan sioniste de contrôle de l’aide à Ghaza, qui viole les principes de base de l’aide humanitaire.
En effet, une résolution sur la situation en Palestine a été adoptée la semaine passée à la Chambre des représentants. Le texte comporte une série de timides avancées sur des recommandations portées depuis longtemps par les organisations de la société civile belge, comme la suspension de l’Accord d’association UE-entité sioniste et l’interdiction des produits des colonies.
Le texte de résolution demande également au gouvernement de mettre en œuvre les recommandations adressées aux Etats tiers, figurant dans l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) du 19 juillet 2024.
« L’avis consultatif de la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction internationale, établit plusieurs mesures très claires que tous les Etats doivent prendre pour respecter le droit international, dont l’interdiction des produits des colonies », a rappelé Nathalie Janne, relevant qu' »une proposition de loi sur ce sujet a été déposée au Parlement » par deux partis politiques belges. « Elle doit être adoptée », a-t-elle plaidé, soulignant que pour le CNCD-11.11.11, « ces mesures doivent être mises en œuvre au plus vite, avec l’objectif de mettre fin au génocide en cours à Ghaza et parvenir à un cessez-le-feu durable et respecter le droit international en Palestine » occupée.
La résolution apporte aussi son soutien à la reconnaissance de l’Etat palestinien. « La reconnaissance de l’Etat palestinien représente une mesure symbolique nécessaire pour protéger le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
Mais les discussions sur ce sujet ne doivent pas éloigner le gouvernement de l’urgence première qui est celle de mettre un terme au génocide en cours à Ghaza et au nettoyage ethnique en Cisjordanie, sans quoi il ne restera plus rien à reconnaître de la Palestine », a-t-elle conclu.
APS




