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Un sondage au Maroc révèle que 75 % de la population soutient le mouvement de protestation GenZ 212

Trois mois après son déclenchement, le mouvement de protestation GenZ 212 au Maroc perdure et ne montre aucun signe d’essoufflement.

Initialement lancé sous forme de manifestations pacifiques par la jeunesse marocaine pour exiger des services publics de qualité dans les domaines de la santé et de l’éducation, il s’est progressivement élargi en une contestation plus globale, mettant en cause la légitimité du Makhzen, dénonçant ses décisions jugées impopulaires et appelant au départ du gouvernement dirigé par Aziz Akhanouch.

Chaque semaine, les discussions sur les forums en ligne et les applications de messagerie demeurent animées, tandis que de nouveaux appels à des actions de protestation émergent régulièrement.

Ces manifestations réunissent des Marocains issus de tous horizons : étudiants, chômeurs, travailleurs précaires, enseignants, fonctionnaires et, plus récemment, des familles de jeunes arrêtés lors des précédentes mobilisations.

D’après une étude publiée par la revue marocaine « Lisan al-Maghrib », près de 75 % des Marocains déclaraient en octobre 2025 soutenir le mouvement de contestation mené par la jeunesse, connu sous le nom de GenZ 212. Ce soutien massif illustre l’impact politique et social du mouvement dans le pays.

Selon l’enquête, réalisée entre le 5 et le 27 octobre 2025, une majorité de Marocains considère que les manifestations pacifiques constituent une réponse appropriée à la politique du Makhzen, jugée davantage soucieuse de son image à l’étranger que des souffrances et revendications internes.

Les participants pointent notamment l’absence de réaction des autorités face à des drames tels que l’effondrement de deux immeubles à Fès ou les inondations dévastatrices à Safi, des événements meurtriers qui n’ont pas retenu l’attention du pouvoir.

Regain de colère populaire

Les résultats de l’enquête indiquent qu’un léger recul du soutien populaire aux manifestations de la GenZ 212 a été observé lors du discours du roi Mohammed VI devant le Parlement, le 10 octobre.

Toutefois, la colère est rapidement réapparue lorsque le roi a choisi de ne pas évoquer le mouvement de la GenZ 212 ni leurs principales revendications, telles que la destitution du Premier ministre Aziz Akhannouch et l’abandon des projets de construction de stades pour la Coupe du Monde de la FIFA 2030, afin de concentrer les efforts sur le développement local.

Cette omission a été interprétée par une partie de la population marocaine comme un signe de désintérêt pour leurs préoccupations, ce qui a ravivé la mobilisation et poussé les manifestants à retourner dans la rue après quelques jours de pause.

Dans un contexte marqué par le coût de la vie élevé, les inégalités et la précarité croissante de l’emploi des jeunes, ces derniers ont canalisé leur mécontentement à travers des campagnes de boycott coordonnées sur les réseaux sociaux pour exiger des améliorations dans l’éducation, la santé et l’emploi, tout en critiquant les dépenses publiques consacrées aux grands événements sportifs comme la CAN 2025 et la Coupe du Monde de la FIFA 2030.

« Nous voulons des hôpitaux, pas des stades ! », scandaient-ils, en dépit de la brutalité de la répression policière marocaine. Amnesty International fait état d’au moins trois morts et de plusieurs centaines d’arrestations depuis la fin septembre. Plus de 2 400 jeunes ont été poursuivis pour leur participation aux manifestations, dont environ 1 470 demeurent en détention provisoire, certains sous l’accusation de « rébellion armée ».

Soucieux de ne pas voir leurs revendications reléguées au second plan par l’enthousiasme autour de la Coupe d’Afrique des Nations, des manifestants marocains ont lancé un appel au boycott des matchs organisés dans les nouveaux stades du pays. À la veille du lancement de cette manifestation sportive, les manifestants ont réitéré leurs revendications, en particulier la libération des personnes arrêtées lors des précédentes mobilisations du mouvement.

Dans plusieurs villes, dont Casablanca et Tanger, des centaines de jeunes manifestants ont une fois de plus exprimé leur colère envers le régime du Makhzen, exigeant la démission du Premier ministre Akhannouch, qu’ils qualifiaient de corrompu.

Dans la rue, les manifestants ont de nouveau scandé : « Les stades sont là, mais où sont les hôpitaux ? » et ont appelé à l’unisson le Maroc à « boycotter les stades ».

(Al24News)

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