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Un rappeur marocain risque la prison pour des chansons critiques du Makhzen et de la normalisation

Le CFJ dénonce l’arrestation du rappeur El Hassel et y voit une atteinte à la liberté artistique

Le rappeur marocain Souhaib El Kabli, connu sous le nom de scène « El Hassel », est poursuivi au Maroc pour des chansons dénonçant la corruption et la politique de normalisation avec l’entité sioniste.

Âgé de 20 ans et originaire de Taza, l’artiste a été placé en détention provisoire le 4 mars, selon le Committee for Justice (CFJ), qui dénonce une « atteinte flagrante à la liberté de création artistique ».

El Kabli, étudiant et figure montante des réseaux sociaux, s’est imposé grâce à des textes engagés qui résonnent particulièrement auprès de la jeunesse marocaine. Ses œuvres abordent des thèmes sensibles tels que les injustices sociales engendrées par les politiques du gouvernement ultralibéral dirigé par Aziz Akhanouch, la pauvreté, ainsi que le rejet de la normalisation avec l’entité sioniste.

Le CFJ a souligné, dans un communiqué, que les accusations retenues contre lui — « manquement au devoir de respect envers une institution constitutionnelle » et « outrage à un corps constitué » — reposent sur des dispositions juridiques vagues, utilisées pour criminaliser l’expression artistique. « Les autorités marocaines devraient libérer immédiatement et abandonner les charges retenues contre un artiste poursuivi pour ses chansons critiques », a déclaré l’organisation.

La nouvelle de son arrestation a déclenché une vague de solidarité sur les réseaux sociaux, avec des campagnes sous les hashtags #LArtNestPasUnCrime et #LibérezSouhaib. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a annoncé suivre de près le dossier et informer l’opinion publique des évolutions.

« Souhaib est arrêté parce qu’il a dénoncé la corruption et exprimé le rejet de la normalisation », a déclaré un militant des droits humains. Ses proches, privés de contact pendant plusieurs heures après son arrestation, dénoncent une atteinte grave à ses droits fondamentaux.

Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites visant des artistes et créateurs de contenu critiques du Makhzen. Pour de nombreux observateurs, elle reflète un durcissement sécuritaire face aux voix dissidentes, dans un contexte où la jeunesse marocaine réclame davantage de justice sociale et manifeste régulièrement contre le rapprochement entre Rabat et l’entité sioniste, sur fond de colère populaire alimentée par les génocides et horreurs sionistes commises à Ghaza.

(Al24News)

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