Un militant marocain met en garde : « L’entité sioniste contrôle tous les rouages de l’État marocain !»

Exprimant sa vive inquiétude concernant la coopération militaire en plein essor entre le Makhzen et Tel-Aviv, Abdessamad Fathi, coordinateur de l’Instance marocaine de soutien aux causes de la Oumma et membre du secrétariat général de la Jamaa Al Adl Wal Ihsane, a tiré la sonnette d’alarme concernant l’« infiltration profonde » de l’État marocain par l’entité sioniste.
Dans ses propos tenus lors d’un podcast, il affirme que cette emprise va bien au‑delà d’une simple normalisation diplomatique et représente un danger immédiat pour la souveraineté du pays.
« L’entité sioniste contrôle tous les rouages de l’État marocain. C’est quelque chose de très grave », a-t-il déclaré, estimant que la relation dépasse largement le cadre d’une simple normalisation.
« Le mot normalisation suppose des relations naturelles. Or, nos relations avec l’entité sioniste ne sont pas naturelles. Elles ont même dépassé celles que nous entretenons avec l’ancienne puissance coloniale, la France », a-t-il dénoncé.
Fathi a insisté sur l’ampleur de cette influence : « Le contrôle s’étend au domaine sécuritaire, de renseignements et militaire. Aujourd’hui, il existe des accords pour fabriquer des drones au Maroc. Mais pour qui sont-ils fabriqués ? Nous ne le savons pas. »
Il a ajouté que cette pénétration touche également « l’éducation, l’économie, l’industrie, l’agriculture et même le tourisme», mettant en garde contre « une menace directe pour la stabilité du pays ».
Ses propos interviennent alors que le Maroc et l’entité sioniste viennent de signer un plan de coopération militaire conjoint pour 2026. Les discussions ont réuni des officiers supérieurs des deux armées autour de la « coordination stratégique à long terme » et du « renforcement des capacités militaires ».
Depuis la normalisation officielle en décembre 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, la coopération entre les deux pays s’est intensifiée.
L’an dernier, en plein guerre de génocide sioniste contre Ghaza, des instructeurs militaires sionistes ont formé des militaires marocains aux techniques de guerre souterraine. Par ailleurs, Rabat a testé le drone kamikaze sioniste SpyX et prévoit la construction d’usines locales pour produire ces engins.
Cette intensification des liens militaires contraste avec le rejet massif de la normalisation par la société marocaine. Depuis le début l’offensive sioniste contre Ghaza, les manifestations dans les villes marocaines se sont multipliées, accompagnées de prises de position de partis politiques et d’organisations civiles. Le régime a tenté de réprimer la contestation en arrêtant et réprimant des activistes opposés au rapprochement avec l’entité sioniste.
En dépit d’une contestation massive au sein de la société marocaine, Rabat maintient son partenariat avec l’entité sioniste, révélant le fossé croissant entre le régime du Makhzen et la population marocaine.
D’après un récent sondage, « Indice arabe 2025 », l’opinion publique marocaine reste fortement opposée à la reconnaissance de l’entité sioniste et demeure profondément solidaire de la cause palestinienne. Les résultats mettent en évidence un décalage net entre les orientations politiques officielles du Makhzen et les attentes de la population.
Réalisée par le Centre arabe de recherche et d’études politiques de Doha, cette enquête de grande ampleur — mobilisant 1 000 chercheurs et plus de 413 000 heures de travail — révèle un consensus quasi unanime : 89 % des Marocains rejettent la reconnaissance de l’entité sioniste.
L’étude souligne par ailleurs une baisse spectaculaire du taux d’acceptation de la décision du Makhzen : de 20 % en 2022, il est tombé à seulement 6 % en 2025. Cette évolution illustre l’écart grandissant entre la position de Rabat et celle de l’opinion publique marocaine.
(Al24News)




