Tensions avec Washington : le Canada réévalue l’achat de F-35 américains
Le Canada est à la recherche de solutions alternatives pour les avions de chasse F-35, construits aux États-Unis, et aura des discussions avec des constructeurs rivaux.
C’est ce qu’a confirmé vendredi le ministre de la Défense, Bill Blair, quelques heures après avoir été reconduit dans ses fonctions par le nouveau premier ministre Mark Carney.
Ce réexamen survient au moment où les tensions sont vives entre Ottawa et Washington sur les questions des tarifs douaniers et de la souveraineté territoriale du Canada.
Après des années de négociations et de délais, le gouvernement libéral a finalement signé, en juin 2023, un contrat avec le géant de l’armement américain Lockheed Martin d’une valeur de 19 milliards de dollars pour 88 F-35.
Rappelons que ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « saga des F-35 » a débuté en 2010 lorsque le gouvernement conservateur de l’époque avait annoncé l’achat de 65 avions américains, sans appel d’offres, au coût de 9 milliards $.
Augmentation des coûts, accusations de favoritisme : cette affaire a rapidement pris une tournure politique. Lors de la campagne électorale de 2015, Justin Trudeau avait promis qu’un éventuel gouvernement libéral n’achèterait jamais les avions de Lockheed Martin.
Sept ans plus tard, après des années de consultations, d’évaluations et de réévaluations, c’est pourtant l’inverse qui s’est produit.
La ministre de la Défense de l’époque, Anita Anand, a confirmé que c’était bel et bien les F-35 qui allaient défendre le ciel canadien.
C’est le chasseur que notre aviation a choisi, mais nous examinons d’autres options, à savoir si nous avons besoin que tous nos avions soient des F-35, a affirmé le ministre Blair en entrevue à CBC.
Après la réception de cette première commande, le Canada pourrait se tourner vers des fournisseurs européens pour compléter sa flotte, selon M. Blair.
Le premier ministre m’a demandé d’examiner ces questions et d’avoir des discussions avec d’autres [fournisseurs], particulièrement s’il y a des possibilités que ces avions soient assemblés au Canada, a ajouté le ministre.
Presse internationale





