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Survivants du séisme d’Al-Houz au Maroc : la colère gronde face à la négligence du Makhzen, deux ans après

Un rassemblement de protestation est prévu ce lundi devant le Parlement à Rabat

Les victimes du séisme d’Al-Haouz descendront dans la rue ce lundi 8 septembre à travers un rassemblement devant le siège du Parlement, à Rabat, la capitale, pour exprimer leur douleur et leur colère contre le régime du Makhzen qui continue à leur tourner le dos, alors qu’ils commémoreront le deuxième anniversaire du tremblement de terre dévastateur qui a frappé plusieurs provinces montagneuses du centre du Maroc, faisant près de 3 000 morts, plus de 5 000 blessés et des dizaines de milliers de sans-abri.

Le tremblement de terre, d’une magnitude de 6,8, s’est produit dans la chaîne de montagnes du Haut Atlas le samedi 8 septembre 2023, à 23h11 heure locale, à une profondeur de huit kilomètres, avec son épicentre dans la ville d’Ighil, située à environ 80 kilomètres au sud-ouest de la ville de Marrakech.

Selon les données officielles, la catastrophe a endommagé 55 000 maisons, 1 050 écoles, 42 centres de santé locaux, 2 516 mosquées et lieux de culte et 299 sanctuaires et mausolées.

Dans un communiqué, la Coordination nationale des victimes du séisme d’Al-Haouz a déclaré que “malgré deux années écoulées depuis la catastrophe, des centaines de familles vivent encore sous des tentes en plastique délabrées, dans des conditions difficiles et indignes, alors que les autorités tentent à plusieurs reprises de les démanteler sans proposer d’alternatives de logement décentes”.

Cette mobilisation, coïncidant avec l’anniversaire de la tragédie, vise à rappeler les conditions de vie difficiles que subissent encore des centaines de familles, dénonçant une “politique d’exclusion et de marginalisation” exercée par le Makhzen et la privation persistante de nombreuses victimes des indemnisations et aides promises pour la reconstruction.

Malgré les promesses de reconstruction, la Coordination affirme que des centaines de familles vivent toujours sous des tentes en plastique délabrées, sans les conditions minimales d’une vie décente. Elle accuse les autorités marocaines de publier des chiffres “qui ne reflètent pas la réalité sur le terrain”, aggravant le sentiment de frustration et la perte de confiance.

De nombreuses familles ont été contraintes de se déplacer vers les villes après avoir été privées d’ indemnisations, ce qui a accentué leurs souffrances sociales et économiques, a déploré la Coordination.

Le communiqué de la Coordination dénonce des “violations graves”, notamment la privation de milliers de familles de leurs droits à l’ indemnisations, l’exclusion de dossiers légitimes au profit de proches des autorités locales “sans justification”, ainsi que l’ignorance des nombreuses manifestations et correspondances adressées aux autorités.

La Coordination a réclamé une régularisation immédiate des dossiers écartés et non indemnisés, ainsi que l’élargissement des compensations à l’ensemble des sinistrés, qu’ils soient partiellement ou totalement touchés. Elle a également appelé à la mise en place d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur les irrégularités et les pratiques douteuses relevées. Enfin, elle a insisté sur la nécessité de fournir sans délai des logements dignes et de suspendre toute opération de démantèlement des tentes tant qu’aucune solution de relogement viable n’a été proposée.

La Coordination appelle les médias, les organisations de défense des droits humains et la société civile à soutenir la manifestation et relayer la voix des victimes au niveau national et international, affirmant que “la lutte pour la justice et une vie digne n’est pas terminée”.

Ce n’est pas la première fois que les victimes du séisme d’Al-Houz manifestent pour faire entendre leur voix. Depuis la catastrophe, plusieurs rassemblements ont eu lieu. En février 2025, une manifestation a été organisée devant le Parlement le 18 février, suivie de plusieurs autres protestations dénonçant “la marginalisation” et “l’indifférence des autorités”.

Parmi les revendications majeures figure la libération de Saïd Aït Mehdi, président de la Coordination, incarcéré par les autorités marocaines pour, affirme la Coordination, faire taire les voix des victimes et sinistrés.

AL24News

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