Stratégie de Donald Trump : Berlin rejette les « conseils extérieurs »

Berlin a réagi avec fermeté aux orientations présentées vendredi par l’administration Trump dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, publiée le même jour à Washington et marquée par des avertissements sévères sur l’avenir du continent européen. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que l’Allemagne n’avait « pas besoin de conseils venant de l’extérieur », notamment en matière de liberté d’expression ou d’organisation des sociétés démocratiques.
Lors d’une conférence de presse à Berlin, il a rappelé que ces principes relevaient « de notre ordre constitutionnel », écartant l’idée que des injonctions étrangères puissent guider la manière dont l’Allemagne régule son fonctionnement démocratique. Cette mise au point intervient alors que la Maison Blanche estime, dans un document de 33 pages, qu’il existe un risque d’« effacement civilisationnel » de l’Europe si les tendances actuelles se poursuivent, affirmant que le continent pourrait devenir « méconnaissable dans 20 ans ou moins ».
La stratégie américaine fixe par ailleurs plusieurs priorités pour la sécurité nationale. Elle affirme notamment la volonté de « mettre fin à l’ère des migrations de masse » et de faire du contrôle des frontières « l’élément principal » de la sécurité du pays. Le document souligne la nécessité de protéger les États-Unis non seulement contre les « migrations incontrôlées », mais aussi contre d’autres menaces transfrontalières telles que le terrorisme, le trafic de drogues, l’espionnage ou la traite des êtres humains.
Sur le plan géopolitique, Washington annonce également sa volonté de « restaurer la suprématie américaine » dans certaines régions du monde, en particulier en Amérique latine, et prévoit un réajustement de sa présence militaire à l’étranger. Ce repositionnement vise, selon l’administration Trump, à concentrer les moyens sur les menaces jugées prioritaires pour la sécurité intérieure, au détriment de théâtres d’opérations dont l’importance stratégique aurait diminué ces dernières années.
Avec cette nouvelle orientation, l’administration américaine réaffirme une vision plus protectionniste de la sécurité nationale, associée à un discours alarmiste concernant l’avenir de l’Europe. De son côté, Berlin insiste sur son autonomie stratégique et son attachement aux principes démocratiques qui fondent son système politique, tout en évitant d’alimenter les tensions avec son allié américain.




