Soutien français au prétendu « plan d’autonomie marocain du Sahara Occidental » : reflète-t-il une crise de fond que traverse actuellement le régime français ?

Des interrogations légitimes se posent pour les observateurs avertis de la scène française concernant les dessous et les objectifs d’une décision surprenante prise par le Président Macron, en fin de mandat politique. Il est utile de rappeler que de nombreuses personnalités de la classe politique française et certaines figures emblématiques de la politique étrangère française ont exhorté le Président Macron à mettre un terme à sa stratégie de fuite en avant, qui pourrait aggraver davantage la crise du régime français, tant au niveau intérieur qu’extérieur.
Concernant la politique étrangère, notamment sous le règne d’Emmanuel Macron, qui achève sa septième année, elle est principalement critiquée pour son « opportunisme » et son « absence de vision stratégique ». Ces critiques découlent des risques et menaces générés par ses décisions et positions politiques vis-à-vis de la Russie, du Proche-Orient et de l’Afrique.
La question en suspens est de savoir si le Président Macron est à la hauteur des engagements et ambitions de la politique étrangère française. Pour y répondre, il est nécessaire d’éviter une lecture partielle et superficielle de l’événement contesté et de considérer la politique étrangère française dans son ensemble pour comprendre l’évolution des tendances au fil du temps.
Dans ce contexte, plusieurs points méritent réflexion :
1. L’envoi des militaires français en Ukraine : Cette décision, prise sans consultation du Parlement, a été vivement critiquée par l’opposition politique et certains militaires, qui craignent un enlisement dans un conflit majeur avec la Russie. Depuis l’accession de Macron au pouvoir en 2017, l’institution militaire française a été privée de moyens financiers nécessaires à son évolution positive. La démission du Général Pierre de Villiers, ancien Chef d’État-Major des Armées, en est une illustration. Pour l’ancien général André Coustou, l’ennemi de la France n’est pas la Russie, mais Macron, qui a gravement discrédité le pays à l’étranger.
2. En Afrique : Le pré carré français au Sahel, comprenant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, tourne le dos à l’ancien colonisateur après une série de coups d’État pour se rapprocher de la Russie. Les raisons de l’échec de la politique française au Sahel, malgré dix années de présence militaire, semblent être liées à l’absence d’une politique d’accompagnement du développement des États concernés.
3. Le conflit israélo-palestinien : Quatre États européens – Espagne, Irlande, Norvège et Slovénie – ont officiellement reconnu un État de Palestine. En revanche, Macron ignore les appels en ce sens des étudiants français et des parlementaires de La France Insoumise, arguant que « l’heure n’est pas venue pour reconnaître l’État de Palestine », alors que 146 des 193 États membres de l’ONU le reconnaissent.
4. Les relations franco-américaines : Macron ne peut se vanter d’avoir préservé les intérêts de la France. Par exemple, le groupe NAVAL a été écarté en 2021 du contrat de sous-marins en Australie par une action anglo-américaine. Au cours des deux dernières décennies, les États-Unis ont infligé aux entreprises françaises plus de 15 milliards d’amende pour non-respect des embargos et lutte anticorruption, et les entreprises françaises ont été rachetées par des sociétés américaines.
5. Les relations avec l’Algérie : Elles restent tendues en raison de l’ambivalence de Macron, qui peine à maintenir une bonne conduite avec le partenaire algérien. En revanche, ses concurrents en Afrique, tels que l’Italie, la Turquie, le Qatar et les États-Unis, renforcent leurs partenariats et développent leur coopération économique avec l’Algérie.
Sur le plan interne, cette situation traduit une crise aiguë du régime. Le Président Macron (Jupiter) affecte sérieusement la tradition démocratique et les usages républicains. Parmi les signes de cette crise : la défaite majeure de la majorité gouvernementale aux élections européennes, la dissolution de l’Assemblée nationale, la convocation en hâte des élections législatives, la victoire relative du Front Populaire, et la déclaration d’une « trêve politique » pour permettre la récupération politicienne.
Cette situation a interpellé la classe politique française dans son ensemble. Pour l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, « Macron a plongé le pays dans le trouble ». François Bayrou a demandé au Président de revenir à la logique institutionnelle. L’ancien Premier ministre et ancien Ministre des Affaires Étrangères doute qu’Emmanuel Macron soit toujours aussi efficace en politique intérieure et extérieure, affirmant que « Jupiter est mort », en référence aux conséquences néfastes du narcissisme de Macron.
De plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur l’urgence de la prise en charge de la crise du régime en France, allant jusqu’à demander au Président Macron de démissionner.
En somme, le soutien français au prétendu « plan d’autonomie marocain du Sahara Occidental » est le résultat d’une série d’échecs générés par une crise sérieuse du régime français.
Mohamed Lamine Bellili




