Afrique

Soudan : une attaque meurtrière frappe une mosquée à El-Fasher, symbole d’une ville à l’agonie

La ville d’El-Fasher, dernier bastion gouvernemental du Darfour-Nord, continue de sombrer dans la violence. Une nouvelle attaque a visé mercredi une mosquée du quartier Abou Chouk, faisant au moins treize morts parmi les civils, ont rapporté des témoins jeudi. Selon l’un d’eux, les victimes ont été extraites des décombres après des tirs d’obus, avant d’être enterrées dans l’urgence. Une vingtaine de blessés ont également été recensés.

Ces familles réfugiées dans la mosquée cherchaient un abri contre les combats qui dévastent la ville depuis dix-huit mois. Mais en l’espace de 24 heures, El-Fasher a connu une série d’attaques d’une rare intensité : au moins trente-trois morts ont été enregistrés, dont des personnels soignants. Mardi, un drone avait déjà frappé le service de maternité de l’hôpital central, tuant huit personnes. Le lendemain, une nouvelle attaque a coûté la vie à douze autres civils, parmi lesquels un médecin et un infirmier.

Ces frappes répétées s’ajoutent à une longue liste d’atrocités. En septembre, une précédente attaque contre une autre mosquée avait déjà fait soixante-quinze morts, selon des secouristes locaux.

La situation humanitaire à El-Fasher est catastrophique. D’après le Humanitarian Research Lab (HRL) de l’Université Yale, la ville est désormais encerclée sur près de 68 kilomètres de remblais, ne laissant qu’un corridor de quelques kilomètres pour fuir. Malgré les risques, plus d’un million d’habitants ont déjà pris la route de l’exode depuis le début du conflit, soit un dixième des déplacés du Soudan.

Autrefois peuplée de plus d’un million de personnes, El-Fasher n’en compte plus qu’environ 413.000, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce déclin brutal illustre l’ampleur du désastre humain provoqué par la guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR).

Des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés, des infrastructures détruites : autant d’éléments qui poussent les Nations unies à qualifier la tragédie soudanaise de « pire crise humanitaire au monde ».

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