Soudan : près de 20.000 personnes ont fui les violences au Darfour pour se réfugier au Tchad

Près de 20 000 Soudanais ont franchi, depuis la prise d’El Fasher fin octobre, par les Forces de soutien rapide (FSR), la frontière tchadienne pour fuir l’escalade de violence qui ravage la région du Darfour, dans l’ouest soudanais, indique mardi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Un exode quotidien, composé en grande majorité de femmes et d’enfants, qui accentue une crise humanitaire déjà extrême et contraint les autorités soudanaises à prolonger jusqu’au 31 mars l’ouverture du poste-frontière d’Adré, devenu un axe vital pour l’acheminement de l’aide.
Selon le HCR, plus de 7 500 familles ont été enregistrées le long de la frontière orientale du Tchad. Entre le 22 et le 28 décembre, 1 900 personnes supplémentaires sont entrées dans le pays depuis le Soudan, un chiffre proche de la moyenne hebdomadaire observée tout au long du mois de décembre.
La cadence des arrivées ne faiblit pas avec environ 250 personnes par jour. « Compte tenu de la situation sécuritaire volatile et imprévisible au Darfour, combinée à la détérioration économique et aux déplacements massifs, les mouvements transfrontaliers vers le Tchad devraient se poursuivre dans les semaines à venir », prévient le HCR dans son dernier rapport.
Les réfugiés arrivent épuisés, souvent traumatisés, nécessitant une protection immédiate et une assistance vitale.
« Les principaux facteurs de déplacement incluent l’insécurité généralisée, les violences sexuelles, le recrutement forcé, l’extorsion, la criminalité rampante, les restrictions de mouvement et les tensions ethniques, toutes exacerbées par le conflit généralisé », souligne l’agence onusienne.
A cette spirale de violences et de déplacements s’ajoute un effondrement nutritionnel d’une ampleur rarement documentée. Une enquête nutritionnelle exhaustive menée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dans la localité d’Um Baru, au Darfour du Nord, révèle que plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Réalisée entre le 19 et le 23 décembre auprès de près de 500 enfants, l’enquête établit un taux de malnutrition aiguë globale de 53 %.
Le niveau de malnutrition infantile est plus de trois fois supérieur au seuil d’urgence de 15 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et parmi les plus élevés jamais observés dans une enquête nutritionnelle standardisée.
Par ailleurs, l’ONU a pu mener le 26 décembre, après de longues négociations, une mission d’évaluation de la sécurité à El Fasher, la première depuis la prise de la capitale du Darfour du Nord par les FSR, après plus de 500 jours de siège.
(APS)




