Sommet Trump-Poutine en Alaska : enjeux et attentes autour d’une rencontre sous haute tension

Le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine se rencontrent ce vendredi à 11 heures, heure locale (19 h GMT), sur la base aérienne d’Elmendorf, une installation stratégique américaine clé dans la surveillance des activités russes. Ce sommet bilatéral, organisé dans un contexte de tensions persistantes autour du conflit en Ukraine, marque la première visite de Vladimir Poutine dans un pays occidental depuis le début de l’offensive russe en février 2022.
La rencontre se déroule en présence de traducteurs, sans autre participant officiel, a précisé le Kremlin. Le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov a confirmé le caractère strictement bilatéral de l’échange.
Positions affichées et réserves
Donald Trump a déclaré, à la veille de la rencontre, qu’aucun accord lié à l’Ukraine ne serait conclu sans la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’il envisage d’inviter à un futur sommet tripartite. Il a toutefois laissé entendre que des discussions sur un possible partage territorial n’étaient pas exclues, tout en évitant de présenter ce terme comme négatif.
« Je saurai dans les premières minutes si la réunion sera bonne ou mauvaise. Si elle est mauvaise, elle sera écourtée. Si elle est bonne, elle pourrait ouvrir la voie à la paix dans un avenir proche », a déclaré le président américain.
Zelensky, non convié à cette rencontre, a qualifié la réunion d’Anchorage de « récompense » offerte à Poutine et réaffirmé son refus de céder tout territoire à la Russie. En déplacement à Londres, il a annoncé l’octroi à l’Ukraine d’une aide militaire américaine financée par l’Europe, d’un montant de 1,5 milliard de dollars, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Réactions et attentes russes
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, arrivé à Anchorage, a affirmé que Moscou ne formulait « aucune prédiction » quant au résultat de la rencontre. « Nous avons nos arguments et une position claire et sans ambiguïté, que nous présenterons », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Vladimir Poutine a salué les efforts américains visant à mettre fin au conflit, estimant que les discussions pourraient ouvrir la voie à un accord sur le contrôle des armements nucléaires dans le cadre d’initiatives plus larges pour renforcer la paix. Le Kremlin a toutefois indiqué qu’aucune signature d’accord n’était prévue à l’issue de ce sommet.
Un contexte militaire défavorable à Kiev
La réunion intervient alors que les forces russes enregistrent leurs plus importantes avancées en Ukraine depuis plus d’un an. Les autorités ukrainiennes ont ordonné l’évacuation de familles avec enfants à Droujkivka et dans quatre villages voisins, après une percée russe d’environ dix kilomètres sur un secteur étroit du front près de Dobropillia et Droujkivka.
Donald Trump, qui avait affirmé durant sa campagne présidentielle pouvoir mettre fin au conflit entre la Russie et l’Ukraine en « 24 heures » s’il revenait à la Maison Blanche, tente désormais, en tant que président en exercice, de convaincre Vladimir Poutine d’accepter une solution négociée. Ses pressions sur Volodymyr Zelensky pour envisager des compromis n’ont pas abouti, et il met en garde contre de « graves conséquences » si Moscou continue d’ignorer ses efforts.
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