Séisme d’Al Haouz au Maroc : troisième hiver sans toit, les sinistrés toujours délaissés par le Makhzen

Deux ans après le séisme meurtrier du 8 septembre 2023 qui a frappé la région du Haut Atlas, faisant près de 3 000 morts et détruisant plus de 55 000 habitations, des centaines de familles d’AL-Haouz vivent encore sous des tentes de fortune. Incapables de résister aux intempéries, ces abris précaires prolongent la détresse des rescapés, contraints d’affronter un troisième hiver sans toit.
Le vendredi dernier 14 novembre 2025, de fortes pluies ont provoqué de graves inondations dans la région. Les habitants de plusieurs douars d’Al Haouz ont enduré des nuits éprouvantes. Les pluies torrentielles ont submergé leurs abris de fortune en plastique, accentuant une détresse déjà insoutenable. « Nous affrontons l’hiver dans des tentes déchirées, livrés au vent, à la pluie et au froid », a confié à un média local Montassir Ithri, l’un des rescapés du séisme de la commune d’Aghbar.
Malgré les déclarations officielles et les promesses de mesures urgentes, la plupart des familles sinistrées n’ont toujours pas bénéficié des aides annoncées. Plusieurs rescapés estiment que ces engagements du Makhzen relevaient davantage d’une manœuvre politique destinée à les réduire au silence et à faire disparaître leur situation des médias.
« Deux ans et deux mois après la catastrophe, des centaines de foyers restent privés d’indemnisation et de soutien pour reconstruire leurs maisons », déplore Ithri. Selon lui, les protestations et les revendications portées dans les places publiques n’ont abouti qu’à « des déclarations contradictoires et des initiatives individuelles qui compliquent la crise au lieu de la résoudre ».
Selon les représentants des sinistrés, la gestion des aides par les autorités a été entachée de détournements. « Tant que des familles passent l’hiver sous des tentes déchirées, parler de développement n’est qu’un slogan vide », a insisté Ithri.
Selon Mohamed Diche, président de l’Alliance nationale pour la montagne, cette situation traduit un « échec social » de l’État. « Les habitants du Haouz vivent leur troisième hiver dans des tentes, sans réponse réelle des autorités », a-t-il déploré.
Il a souligné que, malgré les chiffres officiels annonçant une baisse importante du nombre de tentes, la réalité reste bien différente. « On a parlé de 47 tentes restantes, mais beaucoup ont été simplement déplacées hors de vue ou remplacées par des logements inachevés et dangereux. Aujourd’hui, des dizaines de familles sont encore là, invisibles dans les statistiques », explique-t-il.
Pour les acteurs associatifs, le dossier d’Al-Haouz est devenu le symbole d’une gestion défaillante. « Ce séisme était une catastrophe limitée par rapport à ce que le pays pourrait affronter à l’avenir. Pourtant, l’État n’a pas su en traiter les conséquences », a souligné Diche.
Le 8 septembre 2023, un séisme de magnitude 6,8 a frappé le Maroc. Son épicentre se situait dans le Haut Atlas, à environ 70 kilomètres de Marrakech. Ce tremblement de terre, le plus meurtrier qu’ait connu le pays depuis 1960, a fait plus de 2 900 victimes et causé d’importants dégâts aux bâtiments et aux infrastructures dans les provinces d’Al-Haouz, de Chichaoua, de Taroudant, de Ouarzazate et d’Azilal.
(Al24News)



