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Salvador : la justice ordonne l’arrestation d’un ex-président pour un massacre

La justice salvadorienne a ordonné l’arrestation de l’ex-président Alfredo Cristiani, accusé d’avoir protégé les responsables du massacre il y a 42 ans, pendant la guerre civile, d’un millier de personnes alors aux mains de l’armée, ont rapporté samedi des médias citant une source proche du dossier.

La « détention provisoire » de M. Cristiani, qui fut à la tête de l’Etat de 1989 à 1994 est requise pour avoir décrété une amnistie après cette tuerie, selon un jugement du tribunal chargé de l’affaire.

Cette décision, qui vise également quatre anciens députés, a été rendue par un tribunal de San Francisco Goteran, une ville du nord-est, qui poursuit plusieurs militaires pour le massacre d’El Mozote, considéré comme le plus important perpétré en Amérique latine, pendant la guerre civile de 1980-1992 au Salvador.

D’après la décision de samedi, M. Cristiani et les autres accusés ont couvert les responsables présumés de cette tuerie via une loi de 1993 qui a par la suite, en 2016, été abrogée.

Celle-ci « garantissait l’impunité pleine et absolue aux auteurs matériels et intellectuels » du massacre d’El Mozote, le plus grand meurtre de masse dont a été saisie la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui a condamné l’Etat salvadorien le 28 octobre 2012.

Entre le 9 et le 13 décembre 1981, des unités de l’armée salvadorienne dirigées par le bataillon chargé de lutte contre-insurrectionnelle Atlacatl -entraîné par les Etats-Unis- ont lancé l' »Opération Sauvetage » contre la population du nord-est du département de Morazan.

Le gouvernement du Salvador a établi en 2017 qu’au moins 988 personnes, dont 558 enfants, avaient été assassinées à El Mozote et dans des localités voisines, soupçonnées de collaboration avec la guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FML).

Le conflit au Salvador a fait plus de 75.000 morts, sans compter au moins 7.000 disparus.

En mars 2022, un autre juge avait ordonné l’arrestation d’Alfredo Cristiani accusé d’avoir participé à la planification de l’assassinat de six prêtres catholiques et de deux de leurs collaborateurs, commis par l’armée en 1989 sur le campus de l’Université centraméricaine (UCA, jésuite). L’ex-chef de l’Etat de droite, qui avait alors rejeté ces accusations, est en outre impliqué dans des affaires de corruption et, en juin, plusieurs de ses biens ont été confisqués par la justice.

 

Agences

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