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Sahara occidental: « Pas de solution juste sans autodétermination »

Des avocats et écrivains sahraouis mettent en  garde contre les tentatives de soustraire la question du Sahara occidental  au champ de la décolonisation et du droit international, affirmant que sans  autodétermination et sans le cadre des Nations unies, il n’y a pas de  solution juste ni durable.

« Toute déviation, même minime, de la qualification de la question  sahraouie comme processus de décolonisation et de sa résolution dans le  cadre du droit international et sous l’égide des Nations unies aura de  graves conséquences », avertit l’écrivain sahraoui Mohamed Fadel El Hait,  dans un article publié sur les réseaux sociaux.

Alors que les Nations unies continuent de qualifier le conflit au Sahara  occidental de question de décolonisation, l’occupant marocain intensifie  ses efforts pour le présenter comme un « conflit politique régional », relève  cet écrivain dans un article intitulé « La question du Sahara occidental:  entre décolonisation et solution politique ».

Pour El Hait, ce changement « comporte de profondes implications juridiques  et politiques ».             Selon l’auteur, en droit international,  la qualification d’un conflit  n’est « pas une simple formalité ».

« Sa définition détermine le cadre de sa résolution, les droits reconnus et  les mécanismes mis en œuvre pour y mettre fin. Lorsqu’une cause est définie  comme un processus de décolonisation, le droit des peuples à  l’autodétermination devient un principe fondamental incontournable »,  explique-t-il.

Il souligne à ce propos, que l’histoire récente montre que modifier la  classification d’un conflit n’est « pas un geste neutre », mais un outil  politique utilisé à maintes reprises pour « restreindre ou reporter le droit  des peuples à l’autodétermination ».

« Le débat sur la classification de la question du Sahara occidental n’est  pas, comme certains le pensent, un simple exercice sémantique, mais une  discussion sur son avenir politique et juridique », insiste-t-il, soutenant  que toute initiative présentée comme « mesure pratique » perdra son caractère  volontaire si elle est dissociée du « droit fondamental du peuple sahraoui  de choisir librement son avenir ».

Citant les cas du Timor oriental, de l’Erythrée, de la Namibie et de la  Palestine, El Hait affirme que « les causes qui ont su préserver leur  définition juridique de processus de décolonisation, même dans les moments  de faiblesse, sont celles qui ont le mieux réussi à recouvrer leurs droits   par la suite ».

Il exhorte, dans ce contexte, les élites sahraouies à « défendre la cause  contre toute tentative de la vider de sa substance ». De son côté, l’avocat sahraoui et défenseur des droits de l’homme Mhamed  Hali explique, dans un langage clair et juridique, que « toute solution sans  le consentement préalable et explicite du peuple sahraoui est illégitime ».

Dans un entretien accordé au quotidien espagnol « El Pais », cet avocat  établit un lien direct entre les tentatives de modifier la classification  du conflit et la détérioration manifeste de la situation des droits humains  dans les territoires sahraouis occupés.

Interrogé sur la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les  geôles marocaines, Hali, membre de Ligue pour la protection des prisonniers  politiques sahraouis, organisation essentielle pour documenter les  arrestations, les conditions de détention et les violations des droits  humains dans les territoires occupés, décrit des conditions « inhumaines » :  l’isolement, des problèmes de santé et des peines extrêmement sévères  qu’ils doivent purger pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

Le journal présente ces témoignages comme un élément central du récit,  soulignant qu’il ne s’agit « pas de cas isolés », mais bien d’un « phénomène  récurrent » touchant aussi bien les militants que les étudiants et les  manifestants pacifiques.

(APS)  

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