Royaume-Uni: les autorités autorisées à saisir les téléphones des migrants arrivés sur de petits bateaux

Les forces de l’ordre britanniques peuvent depuis lundi saisir le téléphone portable des migrants arrivés au Royaume-Uni en traversant la Manche sur de petites embarcations, en vertu de nouveaux pouvoirs visant à lutter contre les réseaux de passeurs.
Cette mesure, critiquée par les associations d’aide aux migrants, figure dans la loi sur le contrôle des frontières du gouvernement travailliste de Keir Starmer, adoptée fin 2025 par le Parlement.
L’an passé, 41.472 migrants ont réussi à traverser la Manche depuis la France sur de petites embarcations, le deuxième nombre le plus élevé après le record enregistré en 2022, une mauvaise nouvelle pour le Premier ministre, confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK.
Les forces de l’ordre ont désormais le pouvoir de saisir les appareils électroniques, comme les téléphones portables ou les cartes SIM appartenant aux migrants, lorsqu’ils sont conduits au centre d’accueil de Manston (sud-est de l’Angleterre), sans avoir besoin de les arrêter.
L’objectif est de « recueillir des informations pour traquer et arrêter les passeurs », fait valoir le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Plusieurs autres pays européens dont l’Italie, la Belgique et l’Allemagne autorisent sous certaines conditions la consultation du contenu d’appareils électroniques des migrants.
Pour saisir leur téléphone, les agents pourront leur demander de retirer leur manteau, veste ou gants, mais pas d’autres vêtements. Ils pourront également rechercher d’éventuels objets cachés dans leur bouche.
En 2022, la justice avait jugé illégale la saisie des téléphones aux migrants et demandeurs d’asile, estimant notamment que cette mesure n’avait pas été approuvée par le Parlement.
« Cette nouvelle loi est anti-réfugiés. C’est une nouvelle atteinte aux droits humains », a dénoncé sur le réseau social Bluesky l’ONG Refugee Action le mois dernier lorsque la loi a été formellement entérinée.
Le député de l’opposition conservatrice en charge de l’immigration, Chris Philp, a lui critiqué une mesure « cosmétique ».
La loi introduit également de nouvelles sanctions contre les passeurs, par exemple une peine de 14 ans de prison pour le transport ou le stockage de matériel (moteurs de bateau notamment) utilisé pour faire entrer illégalement des migrants au Royaume-Uni.
Ces mesures visent à « intercepter, perturber et démanteler les réseaux criminels plus rapidement que jamais et à couper leurs filières d’approvisionnement », a fait valoir le ministre en charge de la sécurité des frontières, Alex Norris.
Le gouvernement travailliste a également annoncé récemment un durcissement du droit d’asile, après un record de demandes d’asile.
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