International

Résolution des conflits dans le monde: « le recours à la force ne doit pas devenir la norme »

La Haute Commissaire adjointe de l’ONU aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, a mis en garde mercredi à Genève contre la normalisation de la force dans la résolution des conflits, soulignant ses conséquences imprévisibles et la fragilisation croissante du monde.

« Le recours à la force pour résoudre les différends et régler les conflits ne doit pas devenir la norme », a-t-elle déclaré devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève.

« A première vue, notre discussion d’aujourd’hui peut sembler quelque peu ironique (…). Malheureusement, au moment même où nous parlons, tout le Moyen-Orient est plongé dans le chaos, avec des conséquences imprévisibles qui se répercuteront bien au-delà de la région », a-t-elle déploré, rappelant les propos du Haut-Commissaire Volker Türk sur « un monde sens dessus dessous ».

Au-delà de cette région, elle a décrit « une fragmentation plus large du monde ». Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), « la division est omniprésente ». Au Soudan, les discours haineux alimentent les crimes atroces et les crimes contre l ‘humanité. Et Ghaza illustre « les résultats de décennies de déshumanisation et de violence persistante ».

Au-delà de ces exemples, elle a dressé le constat d’une dérive plus globale. Le forum des droits humains a ainsi consacré beaucoup de son temps « à certaines des violations les plus flagrantes des droits humains commises dans plus de 60 conflits armés qui font rage à travers le monde ». Dans ce contexte, Mme Al-Nashif a mis en garde contre les limites du tout-militaire.

« Des solutions militarisées peuvent s’avérer nécessaires. Mais elles ont un coût humain et financier énorme », a-t-elle affirmé. Selon une étude, le taux de résolution des conflits violents est aujourd’hui plus faible qu’il ne l’a jamais été au cours des 50 dernières années.

Les guerres se soldant par une victoire décisive sont passées de 49 % dans les années 1970 à seulement 9% dans les années 2010. Un constat chiffré qui renforce son plaidoyer. Mais selon la cheffe adjointe des droits de l’homme de l’ONU, la militarisation et la haine « n’ont jamais rendu personne plus sûr ». Devant le Conseil des droits de l’homme, Mme Al-Nashif a ainsi défendu des approches fondées sur la prévention et les droits humains, notamment l’alerte précoce, qui « permet d’agir rapidement ».

(APS)

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