Région du Rif : Violents affrontements entre les jeunes d’Al Hoceima et les forces anti-émeute du Makhzen

La ville d’Al Hoceima a été le théâtre, jeudi, de violents affrontements entre des milliers de jeunes de la région et les forces de sécurité du Makhzen, à la suite d’agressions et d’arrestations ciblant plusieurs participants à une marche massive réclamant la libération de Nasser Zefzafi et des détenus du Rif.
Des dizaines d’agents de sécurité marocains ont encerclé la marche organisée par les habitants de la ville, juste avant les funérailles d’Ahmed Zefzafi, père du leader du Hirak du Rif, Nasser Zefzafi, incarcéré depuis 2017. Les manifestants ont parcouru l’ensemble de la ville pour dénoncer la marginalisation de la région, les violations des droits humains, et exiger la libération de tous les prisonniers politiques rifains.
Des vidéos diffusées par des sites d’information rifains et largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements violents entre les jeunes rifains et les forces de sécurité marocaines, qui se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Ces heurts ont éclaté après que les services de renseignement du Makhzen ont enlevé un groupe de jeunes venus assister aux funérailles, avant de les relâcher sous la pression des manifestants, qui ont refusé de quitter les lieux sans leur libération immédiate et inconditionnelle.
Le prisonnier politique Nasser Zefzafi, autorisé à assister à l’enterrement de son père, a pris la parole devant les participants, entouré de dizaines d’agents de sécurité. Il a affirmé que « la région est prête à offrir tous ses enfants pour la patrie », au milieu de slogans puissants réclamant la liberté pour lui et pour tous les détenus.
De nombreux journalistes ont qualifié la forte mobilisation lors de cette marche de « preuve de l’unité des enfants du Rif, de leur attachement à leurs revendications et de leur rejet des politiques du Makhzen », malgré les manœuvres du régime marocain visant à diviser la population locale, à diaboliser Nasser Zefzafi et à ternir tout ce qui touche au Rif.
Dans une publication, le Parti National Rifain a dénoncé les agissements des forces du Makhzen envers les manifestants, les qualifiant de « crime supplémentaire venant s’ajouter au sombre registre du régime, qui pratique une politique à double visage : d’un côté, il tente de montrer une fausse humanité en autorisant Nasser Zefzafi à assister aux funérailles de son père, et de l’autre, il perpétue ses pratiques répressives en enlevant des jeunes rifains venus présenter leurs condoléances ».
Le parti a ajouté que « ce comportement révèle non seulement le vrai visage du Makhzen, mais aussi sa peur de l’unité des Rifains et de leur mobilisation autour de leur cause », soulignant que « ce qui s’est passé constitue une nouvelle honte et un message clair : l’occupation marocaine ne respecte ni les morts ni les vivants ».
Il a également indiqué que « les événements survenus lors de ces funérailles, transformées en une manifestation de masse, confirment que le régime marocain poursuit sa politique de répression et de vengeance contre les Rifains, même dans les moments les plus douloureux et les circonstances les plus sombres ».
Il convient de rappeler que le père de Nasser Zefzafi est décédé mercredi, après une longue lutte contre le cancer, privé de son fils condamné à 20 ans de prison pour sa participation à des manifestations pacifiques réclamant une vie digne pour les habitants du Rif.
Le 29 juillet dernier, l’organisation Freedom House et d’autres ONG de défense des droits humains ont appelé le gouvernement marocain à libérer immédiatement le militant des droits humains Nasser Zefzafi.
Au début du mois d’août, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, a annoncé son soutien à la campagne internationale lancée par des organisations de défense des droits humains, exigeant la libération du leader du Hirak du Rif, Nasser Zefzafi.
(Agences)




