RD Congo : l’urgence alimentaire a presque doublé cette année dans l’est du pays, alerte le PAM

Le nombre de personnes en situation d’urgence alimentaire aigüe dans l’est de la RDC a presque « doublé » depuis l’an dernier, a annoncé vendredi le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM).
« Le nombre de personnes confrontées à un niveau d’urgence alimentaire sévère explose. Il a presque doublé depuis l’année dernière », a déclaré Cynthia Jones, directrice du PAM pour la RDC, dans une intervention en visioconférence avec la presse à Genève.
« Une personne sur trois dans les provinces orientales de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika) est confrontée à une situation de faim critique, voire pire. Cela représente plus de 10 millions de personnes », a-t-elle expliqué.
Et parmi cette population, « 3 millions de personnes sont en situation d’urgence alimentaire », ce qui signifie qu’elles subissent des déficits alimentaires extrêmes, des taux de malnutrition très élevés, alors que « des décès dus à la faim sont déjà constatés », a alerté Mme Jones.
Ce « chiffre alarmant » de 3 millions représente, selon elle, « une augmentation de 700.000 personnes depuis mars 2025 ».
L’est de la RDC est en proie à des conflits depuis 30 ans. Les violences se sont intensifiées depuis janvier avec la prise des villes de Goma et de Bukavu par le groupe armé M23.
Dans les provinces orientales, la malnutrition infantile est également préoccupante. « Dans certaines zones, des rapports indiquent que plus de 60% des enfants souffrent de malnutrition aiguë », a ajouté la responsable du PAM.
Face à cette situation, Mme Jones a indiqué que son organisation ne parvenait qu’à atteindre « une infime partie des personnes dans le besoin en raison d’un manque criant de financement et de difficultés d’accès complexes ».
Le PAM, confrontée à un déficit de 349 millions de dollars jusqu’en avril, a réduit son aide de 2,3 millions à 600.000 bénéficiaires depuis octobre.
L’organisation dit même s’attendre à « une rupture totale de l’approvisionnement à partir de février ou mars 2026 » faute de financement supplémentaires, ce qui « signifierait un arrêt complet de toute aide alimentaire d’urgence dans les provinces de l’est ».
(APS)




