Pétrole : les Etats-Unis puisent dans leurs réserves stratégiques
Cette opération se fait en concertation avec d’autres Etats gros consommateurs d’or noir, en particulier la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni. C’est une décision rare. Les Etats-Unis vont utiliser 50 millions de barils de pétrole prélevés sur leurs réserves stratégiques pour essayer de faire baisser les prix de l’essence, en forte augmentation, a annoncé la Maison Blanche, dans un communiqué, mardi 23 novembre. Cette opération se fait en concertation avec d’autres Etats gros consommateurs d’or noir, en particulier la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni, selon un communiqué. En augmentant l’offre, les Etats-Unis et les autres Etats espèrent faire mécaniquement baisser les cours. Elle survient au moment où les prix à la pompe ont fortement augmenté aux Etats-Unis, très gros consommateurs d’essence, et pose un problème politique majeur pour le président, Joe Biden, surtout à la veille de la fête de Thanksgiving, pendant laquelle les Américains prennent la route pour rejoindre leurs familles. En augmentant l’offre, les Etats-Unis et les autres Etats espèrent faire mécaniquement baisser les cours, tout en faisant la pression sur les pays producteurs. Le brut a flambé sur fond de redémarrage de l’économie et des voyages après la levée des restrictions liées à la pandémie de Covid-19. L’impact d’une telle opération est aussi, et peut-être surtout, psychologique : les prix de l’or noir avaient d’ailleurs déjà amorcé une baisse au cours des derniers jours, alors que les spéculations se multipliaient sur une telle action coordonnée. A tel point que mardi, le marché a à peine réagi : vers 14 heures à Paris, les cours présentaient un léger repli de 0,39 % par rapport à leur clôture de la veille pour le baril de West Texas Intermediate (WTI), variété américaine standard. En trois mois environ, entre le 19 août et le 22 novembre, le WTI a augmenté de 20,5 %. Par le passé, Washington a autorisé à trois reprises la mise en urgence sur le marché de pétrole provenant de la réserve stratégique – la dernière en date remonte à 2011, lorsque a éclaté le « printemps arabe » en Libye, pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, OPEP. La Maison Blanche a exhorté à plusieurs reprises l’OPEP à accélérer la hausse de sa production. Le cartel, allié à la Russie et neuf autres pays producteurs dans le cadre d’un accord de limitation volontaire de sa production d’or noir, laisse toujours sous terre plus de 4 millions de barils chaque jour. Le président américain a aussi dans son viseur les grandes entreprises du secteur, accusées de ne répercuter à la pompe que les hausses de prix, tout en engrangeant des profits pharaoniques. La Maison Blanche a demandé il y a quelques jours à l’Autorité américaine de la concurrence de se pencher « immédiatement » sur le comportement « éventuellement illégal » des compagnies pétrolières, et n’exclut pas des actions en justice. Les Etats-Unis stockent leurs réserves stratégiques de pétrole sur quatre sites souterrains en Louisiane et au Texas, qui contiennent 714 millions de barils, selon un pointage de la fin d’août du ministère de l’énergie.




