Pakistan : le gouvernement demande au FMI « une pause » dans les réformes exigées

Le Premier ministre du Pakistan, pays dévasté l’été dernier par des inondations catastrophiques, a demandé lundi au Fonds monétaire international de lui accorder « une pause » dans les réformes qu’il exige pour débourser une nouvelle tranche d’aide financière.
« Nous ferons tout notre possible pour remplir les termes et conditions » du plan d’aide du FMI mais « je suis constamment en train d’essayer de les convaincre de bien vouloir nous accorder une pause » dans les réformes
exigées pour débloquer les fonds prévus, a expliqué M. Shebaz Sharif à Genève.
Il s’exprimait lors d’un point de presse en marge d’une grande conférence internationale où son pays espère récolter la moitié des 16,3 milliards de dollars dont il estime avoir besoin pour se reconstruire après des
inondations liées au changement climatique et qui ont frappé plus de 33 millions de personnes.
Le ministre des Finances, Ishaq Dar, doit d’ailleurs rencontrer une délégation du FMI sur le bord du Léman lundi, selon un ministre pakistanais ayant requis l’anonymat.
« Le dialogue se poursuit et je suis sûr qu’un de ces jours -bientôt- nous arriverons à la convaincre avec de la logique et des faits », a souligné le Premier ministre.
Le FMI avait octroyé un prêt de 6 milliards de dollars au Pakistan en 2019 dans le cadre d’un plan de sauvetage conclu avec le Premier ministre d’alors, Imran Khan.
Ce plan d’aide -déboursé par tranche en fonction des progrès dans les réformes exigées par le Fonds-, a été suspendu à plusieurs reprises face à l’inertie du gouvernement pour prendre les mesures prévues par cet accord,
notamment en matière fiscale.
De nombreuses mesures ont été décidées par le gouvernement de Shabbaz Sharif arrivé en avril et Islamabad a pour l’instant reçu seulement 3 milliards de dollars, dont un versement en août de 1,1 milliard.
Le Pakistan, qui était déjà dans une situation économique et financière très difficile s’est encore enfoncé un peu plus dans la crise à cause des inondations catastrophiques mais aussi de la hausse des prix de l’alimentation.
APS




