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ONU: appel au renforcement de la protection des femmes et des filles dans les prisons

Des responsables de l’ONU et des experts  indépendants en droits de l’homme ont appelé les Etats membres à prendre  des mesures pour renforcer la protection des femmes et des filles au sein  des systèmes de justice pénale, avertissant que l’accès des femmes privées  de liberté à la justice, à la sécurité et à la dignité demeure insuffisant.

Selon le Centre d’actualités de l’ONU, les responsables et experts  indépendants ont souligné, à la veille de la 70e session de la Commission  de la condition de la femme, que cette commission, en tant que principal  forum intergouvernemental consacré à l’égalité des genres, représente une  occasion importante de remettre en lumière la situation des femmes et des  filles criminalisées, détenues ou emprisonnées.

Ils ont indiqué qu’à l’échelle mondiale, plus de 740.000 femmes et filles  sont détenues, soit environ 7% de la population carcérale mondiale. Depuis l’an 2000, le taux d’incarcération des femmes a augmenté de 60%,  soit près de trois fois plus que celui des hommes. Environ 19.000 enfants  vivent en prison avec leur mère.

Les responsables onusiens ont précisé que la majorité des femmes sont  détenues pour des infractions non violentes liées à la pauvreté, à  l’incapacité de payer des amendes ou des cautions, ou encore aux politiques  répressives en matière de drogues.

Ils ont estimé que la criminalisation des femmes en raison de la survie,  des responsabilités familiales ou de la vulnérabilité socio-économique ne  traite pas les causes profondes et ne répond pas aux besoins de protection.

Ils ont également averti que les femmes détenues sont exposées à des  risques accrus de violence, notamment de violence fondée sur le genre,  ainsi qu’à un accès insuffisant aux soins de santé, à la surpopulation  carcérale et à d’autres conditions pouvant s’apparenter à des mauvais  traitements ou à la torture, des risques encore plus graves dans les  contextes de conflit et de fragilité.

Les experts et responsables ont exhorté les Etats à tirer parti de la 70e  session de la Commission de la condition de la femme pour adopter des  engagements ambitieux et concrets visant à s’attaquer aux causes profondes  de la criminalisation des femmes, notamment la pauvreté, la marginalisation  raciale et ethnique, les inégalités héritées de l’époque coloniale et les  normes sociales discriminatoires.

(APS)  

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