ONU : 2024, l’année la plus meurtrière pour les travailleurs humanitaires

L’année 2024 a été la plus meurtrière pour les travailleurs humanitaires dans le monde, a déploré l’ONU, dénonçant l’augmentation sans précédent des attaques contre cette catégorie.
Ce bilan est révélé au moment où la communauté humanitaire est toujours sous le choc après la découverte, dimanche, des corps de 14 secouristes tués par l’armée d’occupation sioniste à Ghaza.
L’an dernier, pas moins de 377 travailleurs humanitaires ont trouvé la mort dans 20 pays à travers le monde, faisant de l’année 2024 la plus meurtrière jamais enregistrée pour cette catégorie professionnelle, a indiqué l’ONU, mercredi, ajoutant que cela représentait une hausse de près de 100 décès comparé à 2023, qui avait déjà enregistré une forte augmentation par rapport à 2022.
« Ces deux dernières années ont été particulièrement brutales », a souligné la Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence des Nations Unies, Joyce Msuya, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la protection des agents humanitaire et du personnel de l’ONU.
« Nous exigeons des réponses, et appelons à la justice », a-t-elle poursuivi, notant que Ghaza est devenue « l’endroit le plus dangereux au monde pour les humanitaires ». Lorsque les Etats membres échouent, par manque de volonté ou de moyens, à poursuivre les responsables de crimes contre des agents humanitaires, le Conseil de sécurité ne doit pas hésiter à référer ces cas à la Cour pénale internationale, a estimé Mme Msuya, soulignant que les auteurs de violations « doivent assumer les conséquences de leurs actes, sans exception ».
La réunion du Conseil avait lieu trois jours après la découverte, dans les environs de Rafah, au sud de Ghaza, des corps ensevelis de 14 secouristes du Croissant-Rouge palestinien, de la défense civile de Ghaza et de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
Ces derniers avaient été tués par l’armée d’occupation sioniste, le 23 mars, alors qu’ils tentaient de porter secours à des blessés dans la zone. Leurs véhicules, pourtant clairement identifiés, ont été retrouvés détruits, non loin de la fosse commune dans laquelle une équipe de l’ONU a déterré leur corps. Une vidéo filmée au moment du crime, et par la suite diffusée par l’organisation montre des civils se faire tirer dessus alors qu’ils tentaient de fuir la zone.
Ce massacre est loin d’être un incident isolé. Moins de deux semaines auparavant, un membre du personnel des Nations Unies avait été tué et six autres blessés dans l’enclave palestinienne, où plus de 408 travailleurs humanitaires ont trouvé la mort depuis le début de la guerre sioniste contre Ghaza, le 7 octobre 2023.
Le Soudan n’est pas non plus en reste. Depuis le début du conflit dans le pays, en avril 2023, au moins 84 travailleurs humanitaires y ont trouvé la mort dans des attaques. Dans 95 % des cas, les victimes sont des travailleurs locaux.
(APS)




