AfriqueInternational

MSF réclame la « reprise immédiate » de l’aide alimentaire en Ethiopie

L’ONG Médecins sans Frontières (MSF) réclame vendredi la « reprise immédiate » de la distribution d’aide
alimentaire en Ethiopie, suspendue depuis juin, constatant des « niveaux alarmants » de malnutrition dans le pays, rapportent vendredi des médias.

En raison de conflits et violences dans plusieurs régions du pays et d’une longue sécheresse dans la Corne de l’Afrique, « plus de 20 millions de personnes en Ethiopie », soit 16% des quelque 120 millions d’habitants
« dépendent fortement de l’aide alimentaire, particulièrement les réfugiés et les déplacés », rappelle l’ONG.

Le gouvernement américain et le Programme alimentaire mondial de l’ONU ont suspendu début mai leur aide alimentaire à la région septentrionale du Tigré, ravagée par deux ans de guerre, avant d’étendre cette décision à l’ensemble de l’Ethiopie, en raison de détournements « généralisés et coordonnés ».

« Avant même que la suspension soit effective, nos équipes médicales constataient des niveaux alarmants de malnutrition aiguë, bien au-delà du seuil d’urgence de 15% fixé par l’Organisation mondiale de la Santé » (OMS),
affirme Cara Brooks, directrice de MSF en Ethiopie dans un communiqué.

La suspension de l’aide « intervient après une déjà longue période de distribution d’aide sporadique et irrégulière, dans un contexte de situation humanitaire déjà désastreuse à travers le pays » qui connaît « sa pire sécheresse depuis 40 ans, des difficultés économiques et des violences incessantes », poursuit-elle.

Au Tigré, entre janvier et avril – soit avant la suspension de l’aide 72,5% des quelque 8.000 femmes enceintes ou récemment parturientes reçues par MSF dans ses deux hôpitaux de Shire et Shiraro, étaient sévèrement mal nourries. Quant aux 17.803 enfants examinés, 21,5% souffraient de « malnutrition aiguë modérée » et 6,5% de « malnutrition aiguë sévère », potentiellement mortelle, selon l’ONG.

Dans le camp de réfugiés de Kule, dans la région de Gambella (ouest), le nombre d’enfants de moins de cinq ans traités chaque mois depuis le début de l’année par MSF « pour malnutrition sévère a quasiment doublé » comparé à la même période de 2022.

L’Ethiopie a annoncé une enquête conjointe avec l’USAID, l’agence humanitaire du gouvernement américain, sur ces détournements d’aide.

Le PAM assure que la suspension ne concerne pas son aide nutritionnelle aux enfants, femmes enceintes et allaitantes, ou ses programmes de repas scolaires.

APS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top button