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Moscou affirme que Paris a voulu établir un « dialogue » sur l’Ukraine « sans » Kiev

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé jeudi que la France avait cherché à établir avec Moscou « un dialogue sur la question ukrainienne » sans impliquer Kiev, à l’heure où l’hypothèse de négociations de paix est de plus en plus évoquée.

Les pays occidentaux, qui cherchent à afficher un front uni dans leur soutien à Kiev, ont maintes fois répété qu’aucune décision ne pouvait être prise sur l’Ukraine derrière son dos.

« Je n’entrerai pas dans les détails pour ne pas décevoir qui que ce soit mais, à plusieurs reprises, nos collègues français ont lancé des appels par le biais de canaux confidentiels : laissez-nous aider, établissons un dialogue sur la question ukrainienne. D’ailleurs, sans l’Ukraine », a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse.

« Simplement un dialogue sur la question ukrainienne, en violation de ce que l’Occident ne cesse de répéter : pas un mot sur l’Ukraine sans l’Ukraine », a-t-il ajouté.

« Nous n’avons pas refusé », a affirmé Sergueï Lavrov, disant les responsables russes sont « prêts à écouter ».

Sergueï Lavrov n’a pas indiqué quand ces contacts supposés auraient eu lieu, ni exactement sur quels sujets ils portaient.

« Les autorités russes sont coutumières de propos intempestifs qui visent à instrumentaliser une guerre d’agression dont elles portent l’entière responsabilité. Si la Russie veut la paix, il ne tient qu’à elle de mettre un terme à la guerre », a réagi une source diplomatique française.

« Comme rappelé par la France depuis le début de la guerre, il appartient à l’Ukraine, pays agressé, de définir le moment et les conditions dans lesquelles ils voudront engager un processus de négociation. L’Ukraine a proposé une formule de paix que la France soutient. Une paix conclue sans les Ukrainiens ne pourrait être en aucun cas une paix durable », a-t-elle ajouté.

L’hypothèse de négociations de paix pour mettre fin au conflit en Ukraine, est de plus en plus évoquée à moins d’un mois du retour à la Maison Blanche de Donald Trump.

Le républicain, déjà président de 2017 à 2021, a maintes fois promis de rétablir la paix en Ukraine « en 24 heures » et a appelé à un « cessez-le-feu immédiat » ainsi qu’à des pourparlers.

Mais le flou qui entoure son plan suscite l’inquiétude de l’Ukraine. En difficulté sur le front et très dépendante de l’aide occidentale, elle craint d’être contrainte à un accord défavorable.

La semaine dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté les Occidentaux à l’unité lors d’un sommet à Bruxelles.

« C’est seulement ensemble que les États-Unis et l’Europe peuvent vraiment arrêter (le président russe Vladimir) Poutine », a-t-il dit.

Jeudi, Sergueï Lavrov a dénoncé le « comportement ambigu » de la France vis-à-vis du conflit ukrainien.

Certains pays européens, dont la France, ont évoqué l’hypothèse de l’envoi de troupes en Ukraine afin de garantir le respect d’un éventuel cessez-le-feu.

Ce type de déclarations « n’incite pas à prendre au sérieux ce qui se passe à l’initiative de nos collègues français », estime M. Lavrov.

Agences 

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