Mexique : plusieurs juges de la Cour suprême démissionnent pour protester contre la réforme du pouvoir judiciaire

Huit des onze juges de la Cour suprême du Mexique ont présenté leur démission mercredi, pour protester contre la réforme du pouvoir judiciaire qui prévoit, cas unique au monde, l’élection de tous les magistrats par un vote populaire à partir de 2025, a annoncé la Cour.
La présidente de la Cour suprême Norma Lucia Pina fait partie des huit « ministres » (membres) qui ont présenté leur démission devant le Sénat, a indiqué la Cour dans un communiqué.
« En même temps, ils ont fait part de leur décision de décliner le processus pour l’élection des ministres prévue pour juin 2025 », ajoute le communiqué.
« La démission sera effective pour sept ministres à partir du 31 août 2025 », lit-on encore. Les démissions ont été présentées au dernier jour du délai fixé aux membres de la Cour suprême pour manifester leur intention de se présenter ou non à cette élection prévue le 1er juin 2025.
Adoptée et promulguée en septembre sous l’ancien président Andres Manuel Lopez Obrador, la réforme du pouvoir judiciaire prétend lutter contre la « corruption » de la justice et les « privilèges » des juges.
La plus haute instance judiciaire du pays doit examiner mardi un projet d’arrêt d’un de ses membres démissionnaires (Juan Luis Gonzalez) pour invalider partiellement la réforme approuvée par la vaste majorité du parti au pouvoir au Parlement.
Le projet propose de déclarer inconstitutionnelle l’élection des juges et des magistrats, sauf celle des « ministres » de la Cour suprême.
« Les membres de la Cour savent que ce qu’ils sont en train de faire est inconstitutionnel », avait déclaré mardi la présidente Claudia Sheinbaum.
La Cour ne peut pas revenir sur une réforme constitutionnelle qui a été votée conformément à la Constitution, a-t-elle argumenté.
Mme Sheinbaum a ajouté que les démissionnaires ne voulaient surtout pas perdre leur droit à la retraite.
« S’ils présentent maintenant leur démission, ils vont s’en aller avec tous les actifs de leur retraite » ce qui représente « beaucoup d’argent, un pourcentage très important de ce qu’ils gagnent chaque mois », a-t-elle déclaré.
« S’ils ne démissionnent pas maintenant, alors ils n’auraient plus le droit aux actifs de leur retraite », a-t-elle annoncé.




