Maroc : trois jeunes arrêtés pour avoir porté des t-shirts portant des slogans sur la Santé et la Palestine

Trois jeunes marocains, dont un employé sur une machine d’impression, doivent comparaître devant le tribunal de Rabat le 10 octobre 2025, selon des médias marocains.
Ils ont été arrêtés le 4 octobre pour avoir porté des t-shirts portant les slogans « Liberté pour la Palestine » et « L’éducation et la santé d’abord », lors des mobilisations initiées par le collectif GenZ 212. Ce mouvement, à l’origine des manifestations qui agitent le pays depuis fin septembre, rassemble une jeunesse en colère contre les politiques désastreuses et antisociales du régime du Makhzen, mettant en lumière une fracture croissante entre la population et la classe politique.
Le mois de septembre dernier a marqué le deuxième anniversaire du séisme survenu dans le Haut Atlas, où des milliers de sinistrés attendent encore à être relogés ou la réhabilitation de leurs habitations. Ce même mois a été marqué par le décès tragique de huit femmes enceintes à l’hôpital d’Agadir, en raison d’une défaillance dans l’administration de l’anesthésie, ainsi que par l’inauguration du stade Moulay Abdallah à Rabat, entièrement reconstruit en 14 mois pour un montant de 70 millions d’euros.
Les poursuites engagées concernent deux jeunes arrêtés pour avoir porté des t-shirts à slogans engagés, ainsi qu’un employé sur une machine d’impression accusé de les avoir imprimés à leur demande.
Selon le média marocain « The Voice », les trois jeunes ont été présentés au procureur du roi le 6 octobre. Ils ont été placés en détention provisoire en attendant leur audience publique prévue le 10 octobre.
Mardi 7 octobre, le tribunal de Berkane, dans le nord-est du pays, a condamné deux jeunes manifestants à deux ans de prison, tandis qu’un troisième a été condamné à un an et demi de prison. Un tribunal devrait statuer sur trois autres jeunes dans les prochaines heures.
La GenZ 212 manifeste depuis plus d’une semaine dans les grandes villes et les zones rurales du pays, dans le cadre d’un mouvement contre la corruption sur les réseaux sociaux qui a culminé avec un appel à la dissolution du gouvernement d’Aziz Akhannouch.
Ce dernier a réagi en réprimant les manifestations en déployant la gendarmerie prétendant que de graves troubles étaient en cours. Trois jeunes marocains ont été abattus par la police à Leqliaa, une ville située à 500 kilomètres au sud de la capitale. Depuis le début des manifestations, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées, dont plus de 200 mineurs, selon des associations de défense des droits de l’homme qui ont signalé des mauvais traitements et du harcèlement dans les centres de détention.
Les jeunes protestataires ont dénoncé avec force les priorités budgétaires du gouvernement, notamment les investissements massifs prévus pour la Coupe d’Afrique des Nations 2026 et la Coupe du Monde FIFA 2030. Selon eux, ces projets sportifs, dont les coûts liés à la construction et à la rénovation des stades pourraient excéder 5 milliards d’euros, contrastent avec la dégradation alarmante des systèmes de santé et d’éducation, ainsi qu’un chômage persistant qui touche durement les jeunes marocains.
(Al24News)




