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Maroc : protestation de deux employées licenciées, reflet d’un système d’abus et d’exploitation

Deux employées d’une collectivité locale à Outat El Haj, dans la province marocaine de Boulemane, ont entamé un sit-in de protestation après leur licenciement.

L’Association nationale des diplômés sans emploi au Maroc (ANDSEM) a dénoncé un « licenciement abusif » et a affirmé que cette décision illustre le mauvais traitement infligé aux travailleurs dans le pays par le régime du Makhzen.

La militante Aïcha Sahli, accompagnée de sa collègue Latifa Sabri, avait déjà organisé en janvier un premier sit-in partiel devant le centre pour personnes en situation de handicap où elles travaillaient. Elles dénonçaient alors un « licenciement illégal et arbitraire », en violation des lois du travail et portant atteinte à la dignité des employés. L’association avait exprimé son soutien, qualifiant cette mesure de « représailles contre des voix refusant la soumission et l’intimidation ».

Face à l’absence de solutions concrètes et au non-respect des engagements pris pour leur réintégration, les deux travailleuses ont décidé de reprendre un sit-in ouvert. Dans un communiqué publié mercredi, l’ANDSEM a estimé que les autorités marocaines régionales et nationales avaient fait preuve de « mépris » et de « décisions irresponsables ».

L’association a dénoncé « le mépris manifeste des droits des deux travailleuses sociales licenciées, ainsi que la manipulation de leur sort à travers des décisions hâtives et irresponsables émanant de la préfecture et de la délégation provinciale de la coopération nationale ». Elle a également condamné « l’attitude de la présidente de l’Association Moulouya Al Wosta pour les femmes actives, qui a refusé toute rencontre directe avec les deux employées afin de trouver une solution équitable ».

Dans un communiqué publié en janvier, l’ANDSEM rappelait que « ce licenciement abusif n’est pas un incident isolé, mais s’inscrit dans une politique systématique visant à réduire les travailleurs au silence, à étouffer les voix militantes et à transformer les institutions sociales en espaces d’exploitation et de mépris, au lieu d’être des lieux de défense des droits et de préservation de la dignité humaine ».

L’association exige l’ouverture d’un « dialogue sérieux » et la remise des procès-verbaux d’accord relatifs à la réintégration des deux employées. Elle dénonce par ailleurs la « politique des portes closes » pratiquée par le chef de la localité d’Outat El Haj.

Pour l’ANDSEM, ce licenciement n’est pas un cas isolé mais s’inscrit dans une politique plus large du Makhzen visant à « faire taire les voix des travailleurs marocains » et à transformer les institutions sociales en espaces d’exploitation. Elle considère que la répression des travailleurs et le refus de dialogue constituent une atteinte grave aux droits humains et aux libertés syndicales.

(Al24News)

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