Maroc : l’inflation élevée a aggravé la situation financière de la majorité des Marocains

L’inflation accélérée continue de porter de lourds coups dévastateurs aux moyens de subsistance des Marocains, qui sont aux prises avec des coûts alimentaires qui flambent continuellement et son contraints à s’endetter pour s’acheter les produits nécessaires.
Les prix à la consommation ont augmenté à un rythme annuel plus rapide en novembre, alors que le gouvernement marocain envisage de réduire considérablement les aides sociales aux ménages.
L’indice de l’inflation sous-jacente sur 12 mois a affiché un taux de 2,6 %, en hausse par rapport au niveau du mois d’août (2,4 %), a annoncé vendredi 20 décembre le Haut-commissariat au plan (HCP). Le taux d’inflation général s’est élevé à 0,8% sur une base annuelle contre 0,7% le mois précédent, tiré par les hausses des prix des produits alimentaires et non alimentaires, selon l’organisme marocain des statistiques. L’inflation sous-jacente est jugée plus représentative que l’inflation globale, et permet ainsi de dégager une tendance de fond de l’évolution des prix. En octobre, le coût des produits alimentaires sont plus douloureux qu’il ne l’avait été depuis un certain temps. Les prix des aliments achetés pour la consommation ont augmenté de 0,8 % par rapport à septembre (0,7 %).
Sous le choc de la flambée des prix, la majorité des Marocains ont déclaré qu’ils n’étaient pas en mesure de payer les coûts de la nourriture et autres charges, alors que de plus en plus de ménages recourent à l’endettement pour pouvoir survivre.
Ces chiffres interviennent alors que le gouverneur de la Banque centrale marocaine, Abdellatif Jouahri, envisage des réductions nettes des dépenses et aides sociales, cherchant ainsi à réaliser des économies sur le dos des Marocains, notamment les couches les plus vulnérables, arguant de la situation catastrophique des finances publiques.
Le Maroc est confronté à un grave problème d’endettement causé par de trop nombreuses années de politiques budgétaires libérales et irresponsables, augmentant le risque d’une situation d’instabilité et de grogne sociale dans le royaume. Le gouvernement de richissime homme d’affaire Aziz Akhanouch a augmenté la dette totale envers le Trésor de 125 milliards de dirhams (environ 12,5 milliards de dollars).
L’augmentation d’année en année des besoins de financement et la tendance à la hausse des prêts témoignent de la faiblesse du gouvernement à trouver de véritables alternatives pour maîtriser les dépenses et couvrir leurs coûts, qui restent en dehors du cadre d’endettement préconisé, ses effets sont désastreux sur le déficit budgétaire et les niveaux élevés de financement, qui menacent les équilibres financiers publics.
La dette totale du Maroc a atteint 1.010 milliards de dirhams (environ 101 milliards de dollars américains) en 2024, contre 951 milliards de dirhams (95,1 milliards de dollars américains) en 2022 et 885 milliards de dirhams (88,5 milliards de dollars américains) en 2021.
La Direction générale du Trésor a indiqué que la dette intérieure du Maroc atteignait, fin août dernier, 753 milliards de dirhams (environ 75,3 milliards de dollars américains), soit une hausse de 6,9% par rapport à son niveau à fin décembre de l’année dernière.
Les données du Trésor ont confirmé que les dépenses liées au service de la dette publique ont augmenté et que les intérêts de la dette intérieure ont consommé à eux seuls 24 milliards de dirhams (environ 2,4 milliards de dollars américains).
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