Maroc : les victimes du séisme d’Al Haouz dénoncent trois années de marginalisation devant le Parlement

Sous une pluie battante, des dizaines de sinistrés du séisme d’Al Haouz se sont rassemblés lundi 9 février 2026 devant le Parlement à Rabat.
Près de trois ans après la catastrophe qui a ravagé les provinces de l’Atlas en septembre 2023, les familles continuent de dénoncer l’absence d’indemnisations et de solutions durables de relogement, accusant le makhzen de les avoir laissées dans une marginalisation prolongée.
La manifestation, organisée par la Coordination nationale des victimes du séisme d’Al Haouz, a mis en avant des slogans exigeant la régularisation des dossiers des sinistrés et le déblocage des indemnités promises. Selon les organisateurs, des centaines de familles n’ont toujours pas bénéficié d’aucune aide, malgré la perte de leurs habitations ou de proches lors du drame.
Cette colère s’inscrit dans un climat de fracture sociale de plus en plus visible. Tandis que le régime du Makhzen accélère la construction de stades en préparation de la Coupe du monde 2030, les sinistrés pointent du doigt la lenteur des programmes de reconstruction et de compensation.
Montasser Itri, membre de la coordination, a dénoncé dans ses déclarations aux médias une mobilisation destinée à rappeler les revendications et à mettre en lumière l’exclusion persistante de nombreuses familles.
Al Hussein Al Masht, membre du secrétariat national de la Coalition civile pour la montagne, a dénoncé la précarité persistante des familles contraintes de vivre dans des abris temporaires ou des maisons endommagées, exposées au froid et aux intempéries. Il a appelé à des politiques publiques équitables pour les zones montagneuses afin de mettre fin à une marginalisation durable, rappelant que le séisme avait causé des milliers de victimes et détruit une grande partie des infrastructures locales, aggravant ainsi la vulnérabilité des habitants.
Près de 27 organisations syndicales et de défense des droits humains, marocaines et internationales, ont annoncé leur soutien aux habitants d’Al Haouz, selon Montassir Itri, membre de la Coordination nationale des victimes du séisme d’Al Haouz.
Dans un communiqué conjoint, elles ont pointé la responsabilité du Makhzen dans le maintien de milliers de familles sous des tentes délabrées et dans des logements précaires, trois ans après le séisme de septembre 2023.
Les signataires critiquent une politique d’« oubli et de négligence » ayant privé de nombreuses familles de soutien, sur la base de justifications administratives jugées fallacieuses.
Fermetures d’écoles et appel à déclarer des zones sinistrées
Parallèlement à cette contestation sociale, le nord du Maroc est frappé par de fortes pluies qui perturbent la vie quotidienne et le fonctionnement des établissements scolaires. Les autorités locales ont annoncé cette semaine la prolongation des suspensions de cours selon les zones les plus touchées, tandis que les habitants doivent composer avec des routes coupées, des commerces paralysés et des dégâts agricoles.
Dans la province de Fahs-Anjra et la préfecture de M’diq-Fnideq (région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma), les écoles sont restées fermées lundi 9 février 2026. La même mesure a été appliquée dans la préfecture de Tanger-Assilah, où toutes les institutions éducatives ont suspendu leurs activités. À Tétouan, la fermeture a été prolongée sur deux jours, lundi et mardi, en raison de la persistance des intempéries. La province de Ouezzane a également annoncé la fermeture de l’ensemble de ses établissements scolaires.
Au-delà du secteur éducatif, les intempéries ont eu des conséquences socio-économiques notables. Plusieurs axes routiers ont été fermés, compliquant les déplacements et l’acheminement des marchandises. Des commerces ont dû suspendre leurs activités, tandis que les exploitations agricoles subissent des pertes importantes, notamment dans les zones rurales où les champs ont été inondés.
Face à cette situation, l’Organisation marocaine des droits humains a appelé le gouvernement à déclarer les zones les plus durement touchées comme « zones sinistrées ». Une telle reconnaissance, selon l’organisation, permettrait de déclencher des mécanismes d’indemnisation et d’aide matérielle urgente, afin de garantir aux habitants l’accès aux services essentiels dans des conditions respectueuses de leur dignité.
Les services météorologiques annoncent la poursuite des précipitations dans les prochaines heures, maintenant plusieurs provinces en alerte.
(Al24News)




