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Maroc : les scandales politico-financiers qui secouent le royaume révèlent comment le Makhzen favorise la corruption

L’Association marocaine de protection des deniers publics a contesté énergiquement un projet de loi du gouvernement qui offre une plus large protection et immunité pour les politiciens et hommes d’affaires proches du régime du Makhzen contre les poursuites pour corruption, dans un contexte de scandales de corruption et de pot-de-vin croissant dans le royaume.

Lors d’une conférence de presse vendredi 13 septembre à Rabat, Mohammed El Ghalloussi, président de l’association, a estimé que le projet de loi sur le code de procédure pénale récemment proposé par le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, offre un aperçu large et claire sur l’ampleur de la corruption au Maroc, un phénomène devenu « structurel », selon lui, et que les associations, hommes politiques et universitaires dénoncent depuis longtemps, mais contre lequel peinent difficilement à lutter.

De plus, même avec des montagnes de preuves et de soupçons fondés impliquant directement les parties corrompues dans les sphères politico-financiers, la lutte contre la corruption au Maroc est devenue impossible en raison de l’absence de tous outils juridiques ou réglementation pour dénoncer ce phénomène.

Mohammed El Ghalloussi a indiqué que « le lobby de l’enrichissement illicite et la collusion entre élite politique et économique au sein du Makhzen restreignent l’action du ministère public dans l’ouverture d’enquêtes et de poursuites publiques dans les délits de deniers publics, malgré que le code pénal marocain évoque les délits liés au dilapidation et de détournement de fonds publics ».

El Ghalloussi a critiqué les instructions du ministre marocain de la Justice qui encourage l’enracinement des liens entre le Pouvoir et l’argent et l’absence de demander des comptes à toute personnalité montrant des signes de richesses après avoir accéder à un poste étatique.

Le président de l’Association marocaine de protection des deniers publics a alerté que les nouvelles dispositions législatives visent à limiter la possibilité pour les citoyens et les associations de déposer des plaintes concernant les malversations financières.

Le projet de loi, selon lui, non seulement restreint l’accès à la justice pour les dénonciateurs de la corruption mais empêche également le ministère public de poursuivre des affaires.

Pour le même interlocuteur, la corruption au Maroc représente une menace fondamentale pour l’Etat et la société.

Pour exprimer son mécontentement contre « la propagation de la corruption au royaume » et rejeter « les dispositions régressives du projet de loi sur le code de procédure pénale », l’Association a appelé les citoyens à sortir dans la rue pour manifester contre la corruption le samedi 21 septembre devant le siège du Parlement à Rabat.

Al24News

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