Maroc : le régime répressif du makhzen continue à étouffer les manifestations pacifiques des jeunes

Dans un communiqué publié cette semaine, l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) a dénoncé avec force la répression croissante exercée par le régime du makhzen à l’encontre des jeunes manifestants pacifiques et des citoyens en quête de justice sociale.
Le communiqué dresse un tableau alarmant de la situation actuelle du pays, qualifiée de « crise sans précédent » dans tous les domaines. Selon l’ANDCM, cette détérioration est le fruit de politiques « antipopulaires » menées par le pouvoir en place, en contradiction flagrante avec les aspirations du peuple marocain. Les récentes mobilisations dans les villes et villages du royaume ont exprimé une demande claire : dignité, justice sociale, accès équitable à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
« Notre pays meurtri traverse une crise sans précédent qui touche tous les secteurs. Cette crise est principalement due aux politiques impopulaires adoptées par le régime actuel [du Makhzen], contre la volonté du peuple marocain, exprimée lors des récentes manifestations dans de nombreuses villes et villages. Le peuple marocain réclame la dignité, la justice sociale, des soins de santé de qualité, une éducation publique et l’emploi pour tous », a dénoncé l’ANDCM.
Face à ces revendications légitimes, les autorités ont répondu par la répression, les arrestations arbitraires et des condamnations qualifiées de « vengeances judiciaires » contre les militants. L’ANDCM fustige également les tentatives du régime de redorer son image à travers des lois jugées « grotesques », notamment celles visant à « inciter les jeunes à participer aux élections en leur promettant des sommes d’argent, tout en menaçant d’emprisonnement ceux qui remettent en question leur transparence ».
Par ailleurs, l’association condamne fermement la décision de plafonner l’âge d’accès aux concours de l’enseignement à 35 ans, une mesure qu’elle considère comme discriminatoire et anticonstitutionnelle, privant une large frange de la jeunesse de son droit fondamental à l’emploi.
« Pour redorer son image, le régime a eu recours à des projets de loi absurdes, notamment la tentative d’inciter les jeunes à se présenter à des élections grotesques en leur promettant des sommes d’argent importantes et en menaçant d’arrestation quiconque remettrait en question l’intégrité de ces élections, qui ne sont rien de plus qu’une mascarade électorale », lit-on dans le communiqué de l’ANDCM.
« Non content de cela, le régime a encore renforcé le principe d’exclusion à l’encontre d’une large partie de la jeunesse en rétablissant la limite d’âge pour le recrutement. Cette limite de 35 ans, contraire à la Constitution de 2011 et assortie de critères de sélection inéquitables, nous prive de notre droit d’accès au marché du travail », s’est indigné l’association.
Dans ce contexte tendu, le bureau exécutif de l’ANDCM a appelé toutes ses branches locales à intensifier la lutte pour défendre le droit des jeunes à accéder aux concours de l’enseignement.
Elle a appelé à la « libération immédiate et sans condition de tous les détenus politiques », réitérant sa « condamnation sans équivoque des peines de représailles prononcées par le régime contre le peuple ».
Répression policière et judiciaire violente
Malgré leur caractère pacifique, les manifestations massives initiées par GenZ 212 contre la détérioration des services publics ont été violemment réprimées par les forces de sécurité marocaines, illustrant une réponse autoritaire du Makhzen à une mobilisation citoyenne.
En octobre, la Cour d’appel d’Agadir, dans le sud du Maroc, a condamné au moins 15 jeunes à des peines de prison allant de 3 à 15 ans pour leur participation aux manifestations de GenZ 212 contre le gouvernement.
Les données officielles marocaines font état de neuf condamnations à 10 ans de prison, deux à 15 ans, une à cinq ans, une à quatre ans et deux à trois ans. De son côté, la presse marocaine évoque un total de 17 condamnés, dont trois qui avaient reçu des peines de 15 ans.
Les chefs d’accusation comprennent la rébellion armée, l’outrage et l’usage de la violence contre un agent public dans l’exercice de ses fonctions, et l’incitation à commettre des crimes.
La répression policière des manifestations de septembre a coûté la vie à trois personnes et causé des blessures à des dizaines de citoyens.
Mardi dernier, deux jeunes manifestants ont été condamnés à Rabat pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions lors des mobilisations de la « GenZ », notamment en portant des T-shirts « Palestine libre » et en réclamant le droit à la santé et à l’éducation.
L’un a été condamné à deux mois de prison, l’autre à quatre mois. Le propriétaire de l’imprimerie qui avait produit les T-shirts en question a été condamné à un mois de prison.
Les deux jeunes hommes ont été arrêtés lundi 6 octobre lors d’une manifestation du groupe GenZ 212 à Rabat. Ils portaient des maillots de l’équipe nationale palestinienne affichant des messages de soutien à la Palestine et aux droits à la santé et à l’éducation.
(Al24News)




