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Maroc : la répression comme unique réponse politique à la détérioration de la situation économique

Face aux données choquantes sur la pauvreté et le chômage au Maroc, notamment parmi les jeunes et les diplômés universitaires, le régime du Makhzen n’a qu’une seule solution pour faire taire la grogne grandissante des jeunes qui ne trouvent pas du travail : la répression.

Un groupe de jeunes militants au sein de l’Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc (ANDCM), section de Karia Ba Mohamed, dans la région de Fès-Meknès, a repris sa grève de la faim le mois dernier sous le slogan « Bataille des ventres vides », pour exiger des mesures pour leur insertion socioprofessionnelle.

Malgré que leur action soit pacifique, cela ne les a pas épargnés une réponse policière brutale des forces de l’ordre marocaines pour les disperser et faire taire leurs voix.

« Alors que la classe ouvrière marocaine et les travailleurs du monde entier célèbrent leur fête internationale (le 1er mai), symbole de lutte pour les droits et la dignité, de larges couches de notre peuple continuent à faire face aux politiques de marginalisation et d’exclusion. Parmi eux, nos camarades diplômés chômeurs, privés de leurs droits les plus fondamentaux, en premier lieu le droit au travail et à une vie digne. Ainsi, cette fête devient un jour de lutte supplémentaire contre le chômage forcé et la répression », a écrit l’ANDCM dans un communiqué publié dans la soirée du jeudi 1 mai.

Ces grévistes avaient suspendu temporairement leur action de protestation pacifique après avoir reçu des promesses de la part des autorités locales, avant qu’ils ne s’aperçoivent «  que ces engagements n’étaient qu’une manœuvre par les responsables locaux pour gagner du temps et esquiver leurs responsabilités ».

« Face à l’absence de sérieux dans la gestion de leur dossier revendicatif juste et légitime, nos camarades n’ont eu d’autre choix que de retourner dans la rue, leur seule arme, pour poursuivre leur lutte et arracher leur droit au travail », a déploré l’ANDCM.

« Fidèles à leurs méthodes face aux manifestations pacifiques revendicatrices, les autorités répressives n’ont su recourir qu’au langage de la brutalité et des matraques. Ainsi, les forces de l’ordre ont violemment réprimé le sit-in pacifique de nos camarades, entraînant l’arrestation de trois militants et provoquant des blessures et des contusions de diverses gravités parmi eux », a fustigé l’organisation non gouvernementale.

« La brutalité de l’intervention ne s’est pas arrêtée là, atteignant un niveau inacceptable et inédit avec l’agression et l’arrestation de la militante ‘’Bouthaina Charqi Knon’’, alors qu’elle est enceinte. Cet acte odieux constitue non seulement une attaque flagrante contre une militante pacifique, mais aussi une violation grave des droits des femmes, bafouant les conventions nationales et internationales garantissant une protection spéciale aux femmes enceintes », a regretté le communiqué de l’organisation.

Attirant l’attention sur cette  « situation critique et alarmante », l’ANDCM a exprimé sa « solidarité totale et inconditionnelle avec les jeunes grévistes », condamnant fermement « l’approche répressive adoptée par les autorités face aux revendications légitimes des chômeurs, ainsi que des violences et arrestations arbitraires infligées à nos camarades ».

L’organisation a exigé également « la libération immédiate et inconditionnelle de tous les camarades arrêtés, en tenant les autorités pleinement responsables de leur intégrité physique et psychologique », soutenant leur droit à un emploi stable et à une vie digne.

Elle a tenu en outre « les autorités locales, régionales et centrales entièrement responsables des conséquences de leur politique de surdité et de mépris face aux revendications des chômeurs, ainsi que de tout éventuel détérioration de l’état de santé des camarades en grève de la faim et des détenus ».

Alors que la crise économique et le chômage alimentent les tensions sociales au royaume, l’économie marocaine vient de connaître son pire trimestre depuis des années.

L’Office marocain  des changes a indiqué que le déficit commercial a atteint 71,63 milliards de dirhams durant les trois premiers mois de l’année en cours, soit une augmentation de 16,9% par rapport à la même période de l’année dernière.

Selon les derniers chiffres de l’Office des Changes liés aux indicateurs mensuels des changes du mois de mars 2025, cette évolution est attribuée à la hausse des importations de biens et la baisse sensible des exportations.

Les économistes mettent en garde depuis des années contre l’impact néfastes des politiques impopulaires du gouvernement d’Aziz Akhanouch, qui provoquent une hausse de chômage des jeunes, ce qui accroît les troubles sociaux et l’instabilité de royaume.

(Al24News)

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