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Maroc : la présence de soldats sionistes coupables de crimes de guerre à Ghaza à un exercice militaire suscite fureur et vive indignation

Au moment où plusieurs pays œuvrent en faveur d'un cessez-le-feu permanent à Ghaza et que des pays européens ont commencé à intensifier la pression sur l'entité sioniste pour qu'il laisse entrer l'aide dans le territoire ravagé par la famine, le régime marocain honore les criminels de guerre sionistes.

La participation d’une brigade d’élite des forces armées sionistes, reconnue coupable de crimes terrible et de génocides à Ghaza, tel que le bombardement d’hôpitaux et d’écoles, et récemment l’assassinat d’une équipe de secouristes palestiniens en plein exercice de leur devoir – des faits documentés par images et vidéos, poussant même l’armée sioniste à admettre ces faits – à l’exercice militaire « African Lions” au Maroc, suscite une vive colère et indignation au sein de la société civile marocaine.

Le Front marocain de soutien à la Palestine et de lutte contre la normalisation (FMSPCN) a exprimé sa ferme condamnation de la visite des soldats sionistes « considérée comme une normalisation officielle avec [l’entité sioniste] et une provocation à l’égard du peuple marocain ».

« L’armée d’occupation israélienne participe une nouvelle fois du 12 au 23 mai aux manœuvres African Lion organisées chaque année par le Maroc en partenariat avec les Etats-Unis. Cette fois, la Brigade Golani est connue pour ses crimes horribles contre le peuple palestinien, le plus récent étant l’assassinat (fin mars dernier) de 15 employés du Croissant-Rouge, de la Défense civile et de l’UNRWA à Rafah, et leur enterrement de sang-froid, les mains liées », a indiqué le FMSPCN.

L’organisation non gouvernementale a dénoncé, dans un communiqué, « un acte odieux [de la part des autorités du makhzen], dénué de toute norme éthique et qui ne montre aucun égard pour les sentiments du peuple marocain, à la lumière de la guerre d’extermination sioniste en cours contre le peuple palestinien frère».

Elle a appelé également à « l’arrêt immédiat de ces exercices militaires, en solidarité avec Ghaza ».

Des médias sionistes et des internautes sur les réseaux sociaux ont partagé des photos de soldats sionistes de la brigade « Golani », s’apprêtant à s’envoler et participer aux manœuvres « African Lion » au Maroc.

Des organisations palestiniennes, internationales et de défense des droits de l’homme accusent les soldats de cette brigade d’avoir assassiné 15 secouristes palestiniens, sauveteurs et travailleurs des Nations Unies il y a deux mois à Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza.

Huit ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien, six membres de l’agence de sauvetage de la défense civile et un employé de l’Unrwa, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, effectuaient deux missions de sauvetage lorsqu’ils ont été abattus par les troupes sionistes dans le sud de Ghaza aux premières heures du 23 mars.

L’armée sioniste a d’abord affirmé, sans fournier de preuves, que les véhicules médicaux n’utilisaient pas les signaux d’urgence, sans phares ni gyrophares, lorsque les soldats ont ouvert le feu et que les personnes à bord étaient des résistants de Hamas, mais elle a fait marche arrière après la diffusion d’images de téléphone portable contredisant cette version.

Des images filmées avec un téléphone portable par l’un des ambulanciers tués ont montré que les véhicules avaient des phares allumés alors qu’ils répondaient à un appel pour aider les blessés.

Le journaliste palestinien Younes Al-Tiraoui a commenté l’information sur son compte sur la plateforme X : « Incroyable. L’unité ‘’Golani’’ qui a commis un massacre ayant fait 15 victimes parmi les secouristes, les travailleurs des Nations Unies et les sauveteurs il y a seulement deux mois à Rafah, est maintenant à Agadir ».

Il a ajouté : « Parmi toutes les unités de l’armée d’occupation, le Maroc a choisi d’héberger cette unité. Aucune sanction ne leur a été imposée, mais ils sont accueillis avec enthousiasme ». Il a considéré que c’est « une honte et un scandale ».

L’avocat marocain et défenseur des droits humains, qui assiste plusieurs équipes juridiques pour la défense de Ghaza devant la Cour pénale internationale (CPI), Abdelmajid Mrari, a exprimé son rejet de la visite de soldats sionistes au Maroc.

« Si cela est confirmé, c’est une normalisation évidente qui donne une légitimité à une institution militaire impliquée dans des crimes internationaux graves », s’est-il indigné, cité par un journal marocain.

Le juriste marocain a rappelé que les soldats sionistes qui participerons à un exercice militaire au Maroc sont directement accusée de crimes de guerre, notamment le bombardement d’hôpitaux et d’écoles, et la pratique d’une politique de famine systématique, ce qui constitue une « violation claire » des principes du droit international humanitaire.

Il a souligné que les actes commis par la brigade Golani sont documentés et relèvent des Conventions de Genève de 1949 et des dispositions du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, en particulier les articles 7 et 8, qui définissent et incriminent les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

Il a également rappelé que le droit international interdit expressément à tout État de soutenir ou de légitimer des entités militaires ou politiques accusées de crimes internationaux, en vertu du principe de « responsabilité partagée ».

« Aucun État ne peut prétendre à la neutralité face à des crimes d’une telle ampleur. Le silence ou la complicité est une forme de participation indirecte », a fustigé Mrari.

Il a ajouté que si la participation de la brigade Golani aux manœuvres sur le territoire marocain est confirmée, cela placerait le Maroc dans une « violation évidente » de l’esprit et du texte du droit international humanitaire et donnerait une légitimité aux pratiques de l’armée d’occupation, que la Cour internationale de justice accuse de crime de génocide.

Il a insisté sur le fait que les dirigeants politiques et militaires sionistes sont poursuivis par la Cour pénale internationale en vertu de mandats d’arrêt délivrés le 21 novembre 2024.

La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a appelé les autorités marocaines à respecter la primauté du droit et à ne pas violer leur obligation internationale de poursuivre les personnes impliquées dans des crimes de guerre, après les révélations sur la participation de soldats de la brigade sioniste « Golani » aux manœuvres « African Lion » au Maroc.

« Si cela se confirme, cela marquerait un nouveau seuil de dégradation et une violation de l’obligation internationale d’enquêter et de poursuivre les individus impliqués dans des crimes atroces. J’exhorte les autorités marocaines à respecter la primauté du droit », a-t-elle tweeté sur le réseau social X.

Elle a ajouté : « Le monde regarde ».

AL24News

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