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Maroc : la grève générale contre la loi sur la grève et la hausse du coût de la vie paralyse le pays

Les écoles, universités, hôpitaux et de nombreuses administrations et secteurs économiques ont été fermés mercredi 5 février au Maroc alors qu’une grève générale lancée par les principaux syndicats du pays a paralysé le royaume frappé par une dure crise économique.

Cinq syndicats des travailleurs, à savoir l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération Démocratique du Travail (CDT), l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM), l’Organisation Démocratique du Travail (ODT), et la Fédération des Syndicats Démocratiques (FSD), ont entamé une grève de deux jours (les 5 et 6 février) pour protester contre la réforme de la loi sur la grève proposée par un gouvernement, qui subit une pression accrue pour faire face à une crise du coût de la vie et du chômage endémique qui s’aggravent.

Selon les responsables syndicaux, le taux de participation à cette grève a dépassé 84 % dans la plupart des secteurs, avec des records atteints dans certains secteurs importants.

Les données préliminaires révélées par le « Front marocain contre les lois sur la grève et la retraite », un conglomérat de syndicats mobilisés contre le gouvernement, ainsi que par plusieurs syndicats, indiquent que le taux de participation dans le secteur de l’éducation a dépassé 90 %, tandis que celui de la santé a atteint plus de 80 %. Le secteur des inspecteurs du travail a enregistré un taux de participation de 70 %, et celui de l’agriculture, représenté par la conservation foncière, a atteint 90 %. Le secteur minier a, quant à lui, enregistré une réponse totale avec un taux de participation de 100 %.

Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), a souligné que le débrayage a connu un franc succès, ajoutant que des rassemblements massifs se poursuivent dans divers secteurs d’activités.

De son côté, Abdallah Aghmimot, secrétaire national de l’Union nationale des enseignants, a qualifié cette action d’escalade comme une « claire réponse politique de la classe ouvrière marocaine à l’adresse du gouvernement », en signe de rejet du projet de loi organique sur la grève. Younes Firaachin, membre du comité exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT), a précisé, dans des déclarations aux médias, que le taux de participation dans le secteur de l’éducation a dépassé 95 %, tandis que celui dans le secteur privé a atteint environ 90 %, et que certaines grandes entreprises et ports, tels que Jorf Lasfar et Casablanca, ont enregistré une participation de 100 %.

Anas Dahmouni, membre du secrétariat général du Syndicat national du travail au Maroc, a indiqué que le taux de participation dans le secteur de l’enseignement supérieur a varié entre 50 % et 60 %, tandis que les autres secteurs publics ont connu des taux de participation variés mais généralement élevés, reflétant l’ampleur de l’engagement envers la grève.

Les organisations syndicales devraient annoncer de nouvelles mesures d’escalade dans les prochains jours.

Une abstention qui envoie un signal de méfiance

Parallèlement à ce large débrayage, la Chambre des représentants (Chambre basse du Parlement) a adopté le même jour le projet de loi organique relatif à la définition des conditions et modalités d’exercice du droit de grève.

La loi, élaborée par le gouvernement du richissime homme d’affaires Aziz Akhanouch, a été adopté par 84 voix contre 20 autres, sur un total de 395 députés.

Au-delà des résultats de ce vote, la large abstention observée dans l’hémicycle et la décision d’une grande partie des députés marocains de déserter leurs sièges lors de ce vote sur un projet de loi crucial a soulevé des questions sur l’engagement des représentants du peuple marocain face à la détérioration de son cadre de vie et la pauvreté dans laquelle il se trouve.

Les données indiquent qu’environ 74 % des membres de la Chambre étaient absents de cette session législative, coïncidant avec la grève générale organisée par plusieurs syndicats centraux pour protester contre le projet de loi.

Lors du passage de ce même projet de loi en session législative au sein de la Chambre des conseillers, seulement 40 % des membres ont participé au vote.

Al24News

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