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Maroc : la crise de l’emploi s’aggrave alors que le chômage des jeunes atteint un niveau record

Alors que le régime du Makhzen fait la promotion de réalisations économiques illusoires, d’un “nouveau modèle de développement” et d’une “vision économique prometteuse”, la rue est secouée par une inflation galopante qui fait grimper en flèche le prix des produits de première nécessité, traduisant une crise économique profonde qui alimente le mécontentement de la population marocaine.

La situation sociale au Maroc continue de se détériorer, en particulier sur le front de l’emploi.

Dans un communiqué publié vendredi, l’Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc a dressé un tableau alarmant de la précarité croissante qui touche les jeunes et les classes populaires.

Selon l’association, le « taux de chômage dépasse désormais les 13 %, avec une forte concentration parmi les jeunes diplômés ». Malgré leurs qualifications, nombre d’entre eux peinent à trouver un emploi, et « leurs diplômes finissent souvent relégués sur des étagères, sans impact réel sur leur avenir professionnel ». Cette impasse, a précisé l’association, pousse de plus en plus de jeunes marocains à tenter la traversée vers l’Europe dans des embarcations de fortune, au péril de leur vie.

Le communiqué pointe du doigt une flambée des prix qui étrangle les ménages, alors que les salaires restent gelés. Le poids de la dette extérieure, qui dépasse désormais le trillion de dollars, excède le produit intérieur brut du pays. Les secteurs vitaux comme l’éducation et la santé sont gravement sous-financés : l’enseignement ne reçoit que 0,8 % du PIB, un chiffre jugé dérisoire par les militants.

À l’approche de la rentrée scolaire, l’association a appelé à une mobilisation générale des forces démocratiques, syndicales et politiques pour dénoncer les politiques d’austérité et exiger des réformes structurelles. Elle invite ses membres à s’engager activement dans une « bataille sociale » pour revendiquer le droit au travail et à l’organisation.

Par ailleurs, l’association, dans sa déclaration, a condamné fermement les politiques répressives du gouvernement marocain et les procès intentés contre les militants. L’association a appelé à l’unité des forces progressistes pour construire un front national contre les politiques d’appauvrissement mené par le gouvernement libéral marocain.

L’année 2025 n’a été que le prolongement d’une série d’années marquées par une hausse répétée des prix, étranglant le pouvoir d’achat des Marocains. Le Haut-Commissariat au Plan a enregistré une augmentation de 2 % de l’indice des prix à la consommation en glissement annuel, principalement due à une hausse de 3,3 % des prix des produits alimentaires.

Bien que la banque centrale du Maroc évoque un recul relatif de l’inflation par rapport aux années de pic, les prévisions indiquent que les pressions devraient se poursuivre durant le reste de l’année 2025, en raison de la sécheresse et des turbulences mondiales.

Cette inflation ne se reflète pas uniquement dans les chiffres officiels : elle est visible dans les marchés et les commerces, où les citoyens marocains sont contraints de réduire leur consommation ou de renoncer à des besoins essentiels pour équilibrer des budgets de plus en plus fragiles. Le sentiment de tension sociale s’aggrave chez une large frange de la population.

Au cours des trois dernières années, plus de 3,2 millions de Marocains ont basculé dans la pauvreté ou la précarité, selon les données officielles. Le taux de pauvreté est ainsi passé de 1,7 % à 4,9 %, tandis que 71,8 % des ménages vivent avec un revenu inférieur à la moyenne nationale. L’écart entre les zones urbaines et rurales ne cesse de se creuser.

Ces chiffres viennent contredire le récit des « réalisations » vantées par le régime du Makhzen, et confirment que les couches les plus vulnérables ont été abandonnées face à l’inflation, à la hausse des prix et à la baisse des opportunités d’emploi.

Tout cela survient dans un contexte d’incapacité flagrante du gouvernement à créer suffisamment d’emplois » ou à soutenir les petites et moyennes entreprises. Plus de 50 000 PME ont fermé leurs portes depuis 2021, aggravant l’anxiété sociale.

Si l’inflation et la crise sociale ont rouvert les plaies des Marocains, le poids de la dette révèle la profondeur de la crise structurelle qui étouffe l’économie nationale.

Pour financer ses projets et programmes de développement, le gouvernement a eu recours massivement à l’endettement extérieur, qui a atteint plus de 45,6 milliards de dollars en 2023, plaçant le Maroc au quatrième rang africain en termes de dette, selon un rapport d’Afreximbank.

Ce qui semblait être une solution pour relancer l’économie s’est transformé en véritable piège. Avec la hausse mondiale des taux d’intérêt, le coût du service de la dette a explosé, atteignant 27,5 % des recettes publiques en 2024, contre seulement 6,8 % en 2008.

Ce changement épuise les finances de l’État marocain et réduit considérablement la marge de manœuvre pour investir dans les secteurs sociaux essentiels, renforçant le sentiment d’un décalage entre les politiques budgétaires et les besoins réels des citoyens.

Al24News

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