Maroc : deux morts dans la répression des manifestations contre la situation socio-économique et la corruption

Deux citoyens marocains ont été tués mercredi par des agents du Makhzen alors qu’ils participaient à des manifestations de protestation contre la situation socio-économique et pour dénoncer la corruption, ont rapporté jeudi plusieurs médias.
Il s’agit de l’incident le plus grave depuis le début du mouvement de protestation, enclenché samedi dernier à l’initiative d’un collectif de jeunes, ont-ils souligné.
Les mêmes sources ont indiqué, par ailleurs, que plus de 400 personnes ont été interpellées et près de 300 autres blessées lors de la journée de mercredi, marquée par une mobilisation massive dans plusieurs villes du royaume.
Les manifestants réclament notamment une amélioration des services publics dans la santé et l’éducation, davantage de justice sociale ainsi qu’une véritable lutte contre la corruption qui gangrène les institutions marocaines.
Face à cette dérive de trop, plusieurs associations et militants des droits de l’homme au Maroc ont appelé à la sanction des auteurs des meurtres et à garantir le droit constitutionnel des Marocains à la protestation et à la manifestation pacifiques.
Dans une publication postée sur les réseaux sociaux, le Réseau marocain des droits humains a fait part de son indignation face à la méthode musclée employée par les agents du Makhzen à l’encontre des manifestants pacifiques, réclamant des sanctions immédiates.
« Nous voulons des sanctions immédiates contre des auteurs des meurtres des deux jeunes manifestants à Agadir », a écrit le Réseau, rappelant le droit constitutionnel des Marocains à la protestation.
De son côté, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a vivement dénoncé l’emploi de la violence par les services de l’ordre marocains contre les manifestants, appelant à respecter le droit des Marocains à la protestation et à la fin de la répression.
« Non à la confiscation du droit des Marocains à la protestation et à la manifestation pacifiques. Arrêtez la répression ! », a écrit l’AMDH dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Pour sa part, le président de l’Association marocaine pour la protection de l’argent public, Mohamed Al-Ghaloussi, a appelé les autorités marocaines à écouter les jeunes marocains au lieu de les réprimer.
« Le gouvernement doit écouter les revendications des jeunes et ne pas les diaboliser. Ces jeunes réclament des revendications légitimes et doivent être écoutés », a écrit Al-Ghaloussi dans une publication postée sur son compte sur les réseaux sociaux, appelant à la traduction devant la justice des pilleurs des biens publics et les responsables corrompus.
Commentant, à son tour, la réaction répressive des services de l’ordre, le Secrétaire général de l’Observatoire marocain contre la normalisation, Aziz Henaoui a indiqué, dans un communiqué, que « l’approche répressive adoptée par le régime du Makhzen face à ces manifestations pacifiques amplifie la crise au lieu de la résoudre », affirmant que cette façon de faire « est une faute grave de la part du gouvernement ».
Soulignant que les revendications des jeunes manifestants sont légitimes et traduisent leur colère face à un gouvernement démissionnaire, Henaoui a qualifié la réaction martiale du Makhzen « de disproportionnée et d’inédite ».
Le militant et analyste marocain Badr Laidoudi, a, pour sa part, indiqué dans une déclaration, que la réaction musclée des services de l’ordre marocains confirme une nouvelle fois que le régime du Makhzen ne sait répondre que par la logique sécuritaire, relevant le silence et la non-réaction jusqu’ici du gouvernement marocain.
Il a noté dans le même contexte que « les protestations menées par la génération Z ont mis en évidence l’incapacité flagrante du Makhzen à instaurer un dialogue réel avec la jeunesse dans un contexte marqué par l’absence totale de la société civile et des forces politiques ».
(APS)




