Maroc : des peines de prison records infligées à des jeunes militants de GenZ 212

La condamnation de 49 jeunes marocains, dont plusieurs mineurs, à un total de 168 ans de prison suscite une vague d’indignation au Maroc.
Ces peines records, prononcées par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tanger, visent des participants aux manifestations organisées par le mouvement “GenZ 212”, qui réclame de meilleures conditions dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
L’audience, qui s’est étendue sur plus de 19 heures, s’est conclue par des peines allant de deux à dix ans de prison ferme. Les chefs d’accusation retenus incluent des actes de vandalisme, la destruction de biens publics et privés, ainsi que des affrontements avec les forces de l’ordre.
Les jeunes originaires de Tanger ont été les plus lourdement sanctionnés : 22 personnes ont écopé de 101 années de prison cumulées. Parmi elles, quatre ont été condamnées à 10 ans de prison, quatre autres à 5 ans, treize à 3 ans, et une à 2 ans. À Larache, 16 prévenus ont reçu des peines totalisant 42 ans de prison, tandis qu’à Ksar El Kebir, huit personnes ont été condamnées à 25 ans, dont deux avec sursis.
Des scènes poignantes ont été observées à l’annonce des verdicts. Les médias ont rapporté des familles en détresse, des mères en larmes, certaines s’évanouissant sous le choc. Beaucoup avaient passé la nuit devant le tribunal, espérant des peines plus clémentes.
Face à cette sévérité, des avocats, militants et proches des condamnés se mobilisent pour faire appel. Ils dénoncent des jugements jugés excessifs, estimant que les manifestations étaient de nature revendicative et non violente.
Malgré une répression croissante des forces de l’ordre du Makhzen, les jeunes du mouvement GenZ 212 ont poursuivi leur mobilisation au Maroc en organisant un rassemblement samedi soir, réclamant des services de santé et d’éducation efficaces, ainsi qu’une lutte renforcée contre la corruption.
Selon les autorités marocaines, plus de 1 500 individus font l’objet de poursuites judiciaires pour leur implication dans les marches, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents. Le début du mois a été marqué par un drame dans la région d’Agadir, où trois jeunes ont perdu la vie sous les tirs de la police, et plusieurs dizaines d’autres ont été blessés.
L’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) a publié vendredi à Rabat un rapport alarmant faisant état de 240 condamnations prononcées contre des manifestants issus de la GenZ. Dans 39 cas, les peines varient entre 6 et 15 ans de prison. L’ONG a souligné également que 330 des personnes poursuivies sont des mineurs.
Près d’un millier de personnes arrêtées lors des manifestations du 27 septembre demeurent en détention provisoire, en attente de leur procès. Le mouvement GenZ 212, à l’origine du plus important soulèvement social qu’ait connu le Maroc depuis plusieurs années, a relancé ses actions de protestation il y a une semaine.
(Al24News)




