Maroc : des milliers de jeunes du mouvement GenZ 212 confrontés à des détentions arbitraires et à des conditions inhumaines

Le mouvement social GenZ 212, né des revendications pacifiques exprimées dans plusieurs villes marocaines, se trouve aujourd’hui au cœur d’une crise humanitaire et juridique sans précédent.
Derrière les chiffres officiels — plus de 5700 interpellations et près de 2500 poursuites judiciaires — se cache une réalité sombre que les familles, les défenseurs des droits humains et la société civile ne cessent d’alerter : 1473 jeunes, parmi lesquels 162 mineurs, croupissent actuellement dans les prisons du royaume, dans des conditions qui violent les engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains.
Selon les données transmises par le mouvement GenZ 212 aux institutions nationales, l’ampleur de la répression dépasse largement le cadre des opérations de maintien de l’ordre. Les 5780 interpellations effectuées en quelques semaines témoignent d’une logique de criminalisation systématique de la protestation pacifique. Si une partie des personnes arrêtées a été relâchée après vérification d’identité, des centaines d’autres ont fait l’objet de condamnations lourdes, allant jusqu’à 15 ans de prison, sans garanties d’un procès équitable.
Les témoignages parvenus des familles et les rapports des organisations de défense des droits humains révèlent des pratiques particulièrement préoccupantes : surpopulation extrême, cellules insalubres, maladies infectieuses non traitées, manque de soins médicaux et absence quasi totale de dispositifs permettant d’assurer la scolarité des étudiants détenus. Plusieurs mineurs se retrouvent ainsi contraints d’abandonner leur année scolaire, faute d’accès à leurs cours ou à des conditions minimales pour poursuivre leurs études.
L’une des violations les plus douloureuses concerne le transfert de nombreux détenus vers des prisons situées à des centaines de kilomètres de leur domicile. Un éloignement vécu comme une double peine par les familles, qui s’endettent pour pouvoir assurer une visite mensuelle, parfois même impossible. Cette pratique — en contradiction flagrante avec les normes internationales — déchire des foyers déjà éprouvés par l’arrestation brutale de leurs enfants.
Face à cette situation inquiétante, le silence du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) interroge. Le mouvement GenZ 212 lui a adressé un appel pressant pour activer les mécanismes de suivi et de protection prévus par la loi. Exiger des comptes au ministère de la Justice, intervenir pour garantir l’intégrité physique des détenus et recommander des mesures de libération immédiate sont autant d’actions que les familles attendent avec espoir et désespoir à la fois.
La Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire est, quant à elle, appelée à prendre des mesures urgentes : regrouper les détenus du mouvement, en particulier les mineurs, loin des condamnés de droit commun ; garantir leur accès à l’éducation ; améliorer les conditions d’hygiène ; et assurer un suivi médical constant.
Au-delà des chiffres, il s’agit de destins brisés et de jeunesses sacrifiées. Le traitement réservé aux détenus du mouvement GenZ 212 s’inscrit dans une spirale répressive qui menace les libertés fondamentales au Maroc et renforce le sentiment d’injustice au sein d’une génération déjà éprouvée par le chômage, l’exclusion et l’absence de perspectives.
Le respect de la dignité humaine, la protection des mineurs et le droit de manifester pacifiquement ne peuvent être relégués au second plan. L’avenir de milliers de jeunes Marocains se joue aujourd’hui derrière les murs des prisons.
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