Maroc : colère et frustration internes sur le silence du Makhzen, qui refuse de condamner l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh

Alors que les dirigeants arabes ont condamné et dénoncé l’assassinat à Téhéran du chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, le Maroc reste le seul pays arabe à ne pas avoir commenté l’assassinat de la figure de la résistance palestinienne, sur fond d’une large et massive mobilisation anti-normalisation dans la rue marocaine, qui interprète le silence des autorités du pays comme un encouragement et un soutien aux massacres et génocides sionistes à Ghaza.
Le ministère des Affaires étrangères du Maroc, dont le roi est pourtant le président du comité Al-Qods, mais qui avait signé fin 2020 les accords d’Abraham de normalisation avec l’entité sioniste, n’a pas encore réagi à l’assassinat de Haniyeh.
Cela survient dans un contexte de fracture criarde entre les autorités du royaume et le reste de la population.
Vendredi et samedi derniers, des manifestations de colère ont éclaté dans plusieurs villes marocaines et devant le siège du parlement à Rabat, pour dénoncer le lâche assassinat de leader du Hamas, brandissant des slogans forts fustigeant la poursuite de la politique de normalisation par le régime marocain.
Plusieurs mouvements et partis politiques au Maroc ont également exprimé leur condamnation et rejet de cet assassinat perpétré par l’occupant sioniste.
Dans les 24 heures qui ont suivi l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran le 30 juillet alors qu’il assistait à la prestation de serment du nouveau président iranien, Massoud Pezeshkian, l’Algérie, le Koweït, l’Irak, le Qatar, le Sultanat d’Oman, le Yémen, le Liban, l’Autorité palestinienne, l’Égypte, la Libye, la Tunisie et la Mauritanie, ainsi que plusieurs pays comme le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie et la Turquie, ont exprimé leur profonde inquiétude et appelé à une désescalade.
Même certains régimes arabes normalisateurs, qui ont affiché une réticence à blâmer l’entité sioniste, ont exprimé leur rejet de la « violation flagrante de la souveraineté iranienne ».
Pendant ce temps, le roi et les autorités marocaines sont resté silencieux sur la grave escalade des tensions par l’entité sioniste.
Les slogans appelant à couper tous les liens avec l’entité sioniste et en soutien avec la résistance et le peuple palestinien, brandis par les foules marocaines qui défilent périodiquement dans la rue depuis plusieurs mois, mettent en lumière la profonde désapprobation et fureurs des Marocains du silence du Makhzen, interprété comme un soutien sans condition et un encouragement à son allié sioniste à poursuivre ses crimes contre l’humanité.
Selon les organisations anti-normalisation, la normalisation du Maroc lui impose de « normaliser avec les images de massacres, de parties de corps humains déchiquetés et le nombre grandissant de martyrs sans avoir la capacité de dénoncer et d’exprimer son indignation et sa condamnation ».
Ils ont ajouté que « la normalisation signifie de mettre la main dans la main d’un criminel, coupable des génocides les plus horribles de l’histoire de l’humanité » et de continuer « à ouvrir ses ports et aéroports devant les navires et les avions de l’occupation criminelle sioniste, en leur fournissant du carburant et des fournitures alors qu’ils sont en route pour massacrer les enfants et les femmes de Palestine en morceaux épars ».
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