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Maroc : après la destruction et la dévastation laissées par le séisme d’Al-Haouz de 2023, les sinistrés à la merci des escrocs

Alors que les victimes de l’un des tremblements de terre le plus violent touchant le Maroc depuis 120 ans, tentent de recoller les morceaux de leurs vies brisés et maisons détruites, ils sont confrontés à une autre misère : des escrocs  qui exploitent la catastrophe et la volonté de nombreuses personnes de réparer leurs domiciles, en se faisant passer pour des entrepreneurs et des agents étatiques proposant de les aider pour recevoir des indemnisations.

Le 8 septembre 2023, dans la soirée, un puissant séisme de magnitude 6,8 a secoué le Maroc à 18,5 km de profondeur. L’épicentre s’est produit dans les montagnes du Haut Atlas, à 71 kilomètres au sud-ouest de Marrakech, causant plus de 2 900 morts et environ 2 500 blessés à Al-Haouz – l’épicentre – et dans les provinces de Taroudant.

Les sinistrés continuent à vivre dans des tentes de fortune dans des conditions météorologiques extrêmes et des températures hivernales glaciales, après plus de 15 moins de cette tragédie.

Les pluies hivernales inondent les tentes de fortunes installées par les sinistrés. (Photo : Réseaux sociaux)

Tente complètement inondée par la pluie. (Photo : Réseaux sociaux)

Alors que les victimes sont encore sous le choc après avoir tout perdu et se sentent brisées, désespérées et vulnérables, leur peine est double : la plupart d’entre eux se retrouveront de nouveau victimes d’arnaqueurs et de fraudeurs, prédateurs et sans cœur.

Qu’il s’agisse d’une personne se faisant passer pour un fonctionnaire étatique offrant ses services pour une éventuelle indemnisation royale – que tout le monde en a entendu parler à la télé mais que les personnes concernées peinent à voir dans la réalité – ou d’entrepreneurs se présentant sur leur habitation pour les aider à réparer leur maison, il s’agit d’une même et triste réalité : des escroqueries et arnaques.

Alors que les nombreux sinistrés vivent dans des tentes de fortunes dépourvues des biens de première nécessité et que les résidences sont endommagées, voire rasées, des entrepreneurs malhonnêtes ou simplement des escrocs opportunistes tenteront de profiter de leur misère.

Le puissant séisme a forcé des centaines de Marocains à quitter leurs maisons endommagées. Photo : (Réseaux sociaux

Ces pseudo entrepreneurs exigent des acomptes et avances de centaines de Dirhams de leurs victimes en espèces pour des réparations qui n’auront jamais lieu.

Il peut s’agir d’une proposition d’un fonctionnaire de l’Etat pour les aider à accélérer les procédures de leur indemnisation, à condition qu’ils paient certains frais à l’avance.

Se sentant abandonnés par les autorités marocaines et par un black-out médiatique dans les médias marocains, les sinistrés n’ont que les réseaux sociaux pour faire entendre leur voix.

L’une des victimes à raconté dans une vidéo postée sur une page Facebook intitulée « la Coordination des sinistrés du séisme d’Al-Haouz », l’amertume de sa souffrance et de celle de sa famille sous les tentes, avec la neige qui balayait la région et les fortes vagues de froid.

Elle a expliqué qu’elle avait remis de l’argent à un entrepreneur de la région pour reconstruire sa maison frappée par le tremblement de terre, sans documenter le processus dans un document officiel, mais il s’est enfui avec l’argent qu’elle lui avait remis sans poser une seule brique.

« Cela ne me servira à rien si cette personne est arrêtée. J’ai besoin de récupérer mon argent pour reconstruire ma maison. Nous souffrons à cause de la neige, de la pluie et du froid extrême », a-t-elle raconté avec douleur.

Les victimes de ces pratiques d’escroquerie sont nombreuses, mais le régime du Makhzen refuse de dévoiler leur nombre ou de prendre des mesures fermes pour leur rendre justice.

Exaspérés de fait d’être abandonnés à leur sorts, les sinistrés et leurs familles ont décidé d’organiser en décembre 2024 un rassemblement de protestation devant le siège du Parlement à Rabat, mais les autorités leur ont répondu par une violente répression policière.

Les sinistrés d’Al Haouz se battent depuis plus d’une année pour obtenir des indemnisations. (Photo : Réseaux sociaux)

Said Ait Mahdi, connu par sa défense des droits des sinistrés d’Al-Haouz et militants critiques de la gestion des autorités marocaines de la période post-séisme de 2023, est en détention, avec d’autres manifestants arrêtés, depuis le 23 décembre sur ordre du parquet qui a décidé de les poursuivre pour « diffamation, offense et publication d’allégations mensongères visant à porter atteinte à la vie privée ».

Ils ont comparu pour une première audience le lundi 30 décembre au tribunal de première instance de Marrakech, qui a décidé de reporter au 6 janvier l’audience du procès de Saïd Aït Mahdi, qui incarne une figure de la lutte pour la dignité des victimes de séisme de 2023.

Said Ait Mahdi, militant en détention pour avoir dénoncer l’abandon des autorités marocaines des victimes d’Al-Haouz

L’arrestation de Said Ait Mahdi a conduit à davantage de protestations et à la révélation de ce qui se passe dans les zones touchées par le séisme, et a suscité une grande solidarité avec les victimes, en attirant l’attention de l’opinion publique sur la triste situation des sinistrés qui font face ces jours-ci à une grave vague de froid et la neige qui recouvrait leurs tentes.

Des avocats et organisations de défense des droits de l’homme se sont proposé et engagé à défense leur cause, contribuant ainsi a médiatisé à l’international leur tragédie.

Lors de procès de Said Ait Mahdi, des foules se sont rassemblées devant le tribunal de première instance de Marrakech pour exiger sa libération, alors que les juges continuent à refuser de lui accorder une libération conditionnelle.

AL24News

Des foules se rassemblent devant le tribunal où se tient le procès de Said Ait Mahdi (Photo : Réseaux sociaux)

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