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Maroc : Affrontements entre députés, moments de tension et suspension de séance lors d’un débat houleux au Parlement sur les « évènements de Fnifeq »

Lors d’une séance de questions aux ministres lundi dernier à la Chambre des représentants (chambre basse du parlement marocain), les députés pro-gouvernement et de l’opposition se sont affrontés après une question adressée au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaïd, sur la situation socio-professionnelle des jeunes dans le royaume et les récents évènements du Fnifeq caractérisés par l’assaut massif de migrants du Maroc sur les eaux de la ville espagnole Ceuta.

Dans sa réponse, Bensaïd a expliqué qu’une combinaison de pressions et misères sociales, économiques et climatiques prive les jeunes marocains d’optimisme quand à un avenir radieux dans leur pays.

Le ministre marocain a ajouté que sans des mesures concrètes pour rétablir la confiance des jeunes dans les institutions de gouvernance et combler l’absence de toute stratégie de prise en charge de cette catégorie importante de la société, il y a de sérieuses craintes que rien n’incite les Marocains à rester dans le pays, et qu’il y a un sentiment général grandissant chez eux que vraiment rien n’est fait pour eux.

« S’il n’y a pas de confiance [entre les jeunes marocains et les institutions étatiques] et que nous ne les motivons pas à rêver, nous serons confrontés à de nombreux problèmes, comme ceux que nous avons vus à Fnideq (la grande fuite vers les côtes espagnoles en septembre dernier) », a averti Bensaïd, devant l’hémicycle.

« Cette tragédie, au-delà de ce qui se produit depuis de nombreuses années, est une expression de la perte de confiance et de la difficulté de rêver de vivre dignement au Royaume du Maroc », a-t-il poursuivi, selon des comptes-rendus de la presse marocaine.

Selon le ministre marocain, les Marocains, et en particulier les jeunes, sont plus susceptibles de déclarer se sentir constamment désespérés et de penser ou tenter d’immigrer illégalement en Europe, y voyant le seul et unique choix pour améliorer leurs conditions de vie.

Bien-sûr, les vérités du ministre n’ont pas convenu à certains députés proches du régime du Makhzen.

À l’issue de la séance des questions orales, les partisans du gouvernement d’Aziz Akhanouch, y compris le président de la chambre, ont eu un échange houleux avec les députés du Groupe istiqlalien pour l’unité et l’égalité, initiateur de la question « controversée » au ministre.

Les premiers ont attaqué l’autre camp en les critiquant pour avoir posé « deux questions sur le même sujet », ce qu’ils considèrent non réglementaire d’après le règlement intérieur.

Ce à quoi le groupe istiqlalien a répondu : « Nous avons deux questions sur le même sujet, et nous avons le droit de poser au ministre des questions à la manière dont nous le souhaitons. Nous voulons donner au ministre la possibilité de répondre confortablement au même sujet ».

Après un retour au calme, la tension est remontée d’un cran de nouveau  lorsque les députés d’une autre formation politique ont accusé le président de la séance d’entraver le travail de la chambre en lui reprochant sa mauvaise gestion, ce qui a perturbé le débat et amener le président à suspendre la séance.

Il est à noter que cette session est la première de la législature en cours après que le Roi Mohammed VI a ouvert les travaux du Parlement par un discours dans lequel il a vanter une situation et des progrès économiques confortables, alors que la majorité des Marocains ont une opinion largement pessimiste sur leur avenir, avec une inflation galopante, des prix qui augmentent à des niveaux sans précédents et l’accélération des pertes d’emplois, qui accentue le chômage endémique dans le royaume.

AL24News

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