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L’ONU exprime son inquiétude vis-à-vis de l’avancée des rebelles vers le sud de la RDC

Les Nations Unies sont  « profondément préoccupées » par l’avancée du groupe rebelle M23 vers la  province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré  jeudi un porte-parole de l’ONU.

« Nous sommes profondément préoccupés par la situation, en particulier dans  le Sud-Kivu, qui reste très volatile, avec des informations crédibles selon  lesquelles le M23 progresse rapidement vers la ville de Bukavu », a indiqué  Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio  Guterres, lors d’un point de presse quotidien. Bukavu est le chef-lieu de  la province du Sud-Kivu.

« Nos collègues de la mission de maintien de la paix (la Mission des  Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo,  MONUSCO, ndlr) indiquent qu’il y a des informations sur des mouvements  transfrontaliers des forces de défense du Rwanda dans cette direction »,  a-t-il ajouté.

La MONUSCO s’est retirée l’année dernière du Sud-Kivu en vertu d’un mandat  révisé du Conseil de sécurité, à la demande du gouvernement de la RDC. M. Dujarric a précisé que des affrontements sont signalés entre les  rebelles du M23 et les forces armées congolaises ainsi que les forces  alliées au sud de Minova, dans le Sud-Kivu.

« Nos collègues sont également préoccupés par les risques humanitaires et  sécuritaires, en particulier les conflits interethniques, en l’absence de  forces de maintien de la paix de l’ONU dans cette région », a-t-il souligné.

Le M23 a pris le contrôle d’une grande partie de Goma en début de semaine,  y compris l’aéroport qui, selon M. Dujarric, n’est toujours pas  opérationnel. Le porte-parole a ajouté que la situation à Goma restait tendue et  volatile, avec des tirs occasionnels dans la ville.   « L’eau et  l’électricité sont coupées depuis près d’une semaine et les munitions non  explosées restent un obstacle sérieux à la liberté de circulation des  personnes, des humanitaires et des soldats de maintien de la paix », selon  M. Dujarric.

« La mission a pu effectuer quelques patrouilles de reconnaissance hier  (mercredi) dans la ville pour commencer à évaluer les dégâts, et un certain  nombre de positions de maintien de la paix ont pu être réapprovisionnées. »

Il a ajouté que la mission de maintien de la paix opérait dans un  environnement très difficile et qu’elle était éprouvée.  « Nos collègues  du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indiquent que  nos partenaires commencent à se déplacer à Goma pour évaluer les dégâts  subis par leurs entrepôts à la suite des pillages », a signalé M. Dujarric.

« Les organisations humanitaires prévoient de reprendre l’acheminement de  l’aide demain (vendredi) avec les capacités et les stocks disponibles (…)  si, évidemment, la situation sécuritaire le permet. »

Il a ajouté que la Croix-Rouge congolaise, avec le soutien du Comité  international de la Croix-Rouge, continuait à enlever de nombreux cadavres  dans toute la ville de Goma pour minimiser les problèmes de santé publique.

« Nos collègues de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirment que  les hôpitaux de Goma sont, sans surprise, saturés par l’afflux de blessés »,  a-t-il rappelé. « L’OMS indique que le risque de propagation du Mpox  (anciennement appelé variole du singe), du choléra et de la rougeole a  augmenté du fait que les personnes abandonnent les établissements de santé  où elles étaient soignées pour ces maladies. »          Les organisations humanitaires ont également signalé que l’interruption de  l’approvisionnement en eau à Goma au cours des six derniers jours aggrave  le risque de propagation du choléra et d’autres maladies transmises par  l’eau.

Sur le plan politique, le porte-parole a déclaré que  la direction de la  mission de l’ONU en RDC multiplie ses engagements en faveur d’une cessation  des hostilités. Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général des Nations  Unies et chef de la mission de maintien de la paix, a rencontré la Première  ministre, les principaux ministres de la RDC et les dirigeants de l’armée  et de la police congolaises, et a convenu d’établir un groupe de travail  conjoint gouvernement-MONUSCO pour travailler en étroite collaboration sur  toutes les questions importantes.

(APS)  

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