L’ONU alerte sur la dégradation de la situation à Ghaza et en Cisjordanie

Au cessez-le-feu fragile à Ghaza et aux entraves de l’entité sioniste à l’acheminement de l’aide dans l’enclave palestinienne, s’ajoute une dégradation rapide de la situation en Cisjordanie occupée, où expansion des colonies et violences de colons nourrissent la crainte d’une transformation irréversible du territoire, alerte l’ONU.
Mercredi, devant le Conseil de sécurité, la secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques, Rosemary Di Carlo, a résumé la gravité de la situation. « C’est un moment charnière au Moyen-Orient », a-t-elle affirmé, en référence aux discussions attendues sur une éventuelle deuxième phase du cessez-le-feu fragile entré en vigueur à Ghaza le 10 octobre.
Mais, la trêve à Ghaza n’a pas dissipé l’incertitude. « Malgré le cessez-le-feu, Ghaza n’est toujours pas en paix », a averti Mme Di Carlo, évoquant la poursuite de frappes sionistes sur des zones densément peuplées et une population palestinienne toujours massivement déplacée.
L’accès humanitaire à la bande de Ghaza reste entravé par des contraintes logistiques et sécuritaires imposées par l’occupation sioniste, alors que des milliers de blessés nécessitent encore des soins indisponibles dans l’enclave.
Ces fragilités pèsent sur les négociations de la seconde phase du cessez-le-feu, censée ouvrir la voie à la stabilisation et à la reconstruction de Ghaza. L’ONU insiste sur la nécessité d’un afflux d’aide accru et d’arrangements permettant une gouvernance palestinienne transitoire crédible afin d’éviter une reprise rapide des hostilités.
Parallèlement, la Cisjordanie occupée connaît une dégradation continue. « Nous assistons à l’annexion progressive de facto de la Cisjordanie », a averti Mme Di Carlo, évoquant l’extension des colonies, la montée des violences de colons, les démolitions d’habitations palestiniennes et les restrictions de circulation.
Ces évolutions font notamment suite à la décision de l’entité sioniste de relancer les procédures d’enregistrement foncier en zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie.
Selon l’ONU, cette démarche pourrait « déposséder les Palestiniens de leurs biens et étendre le contrôle (sioniste) sur les terres », accentuant un morcellement territorial déjà avancé. Mme Di Carlo rappelle que les colonies en Cisjordanie occupée, y compris à Al-Qods-Est, sont considérées comme contraires au droit international et aux résolut ions des Nations unies.
A ces tensions territoriales s’ajoute la crise financière persistante de l’autorité palestinienne, aggravée par la rétention par l’entité sioniste de recettes fiscales dues à Ramallah. Salaires publics partiellement versés, services fragilisés, endettement croissant : cet affaiblissement institutionnel nourrit les inquiétudes quant à la stabilité des territoires palestiniens.
La responsable rappelle, dans ce contexte, la nécessité d’une solution négociée à deux Etats, considérée par l’ONU comme la seule voie durable pour garantir la paix.
(APS)




