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L’OCDE s’inquiète du coût de la dette pour les investissements futurs

L’Organisation de coopération et de  développement économiques (OCDE) s’inquiète d’un coût de la dette « qui  risque de restreindre la capacité d’emprunt futur » des entreprises comme  des Etats, selon son rapport sur la dette mondiale publié jeudi.

« Les marchés mondiaux de la dette se trouvent face à des perspectives  difficiles », résume l’OCDE, et ce alors que « les besoins d’investissement  sont plus importants que jamais », notamment pour assurer la transition  énergétique et climatique.

Avant 2022, le marché de la dette était caractérisé par des taux d’intérêt  bas et des politiques favorables de la part des banques centrales. Mais  cette « dynamique observée avant 2022 » ne se retrouve plus depuis, note  l’OCDE, dans son deuxième rapport sur le sujet.

Parallèlement, le durcissement « de la réglementation bancaire » et « des  dispositions visant à promouvoir le recours aux financements de marché » ont  « encouragé les entreprises à se tourner davantage vers les marchés  obligataires », c’est-à-dire les marchés sur lesquels les entreprises et les  Etats peuvent s’endetter en émettant des obligations, des fractions de  dette dont les investisseurs définissent le taux d’intérêt.

Or là-aussi, les « rendements obligataires » – le niveau des intérêts des  obligations – ont « augmenté sur plusieurs grands marchés des obligations  souveraines », note l’OCDE.

Par conséquent, le coût de la dette augmente, et « après avoir  temporairement diminué sous l’effet de l’inflation, les ratios dette/PIB  (…) sont repartis à la hausse dans plusieurs pays de l’OCDE ». « Les dépenses consacrées aux charges d’intérêts (de la dette) sont  supérieures aux dépenses de défense des pays de l’OCDE dans l’ensemble »,  indique même l’organisation.             Pour autant, l’endettement reste indispensable aux Etats et aux  entreprises pour envisager l’avenir.

Car les grands emprunts du passé, contractés au moment de la crise  financière de 2008 ou pendant la pandémie de Covid-19 « ont été  essentiellement utilisés pour favoriser la reprise », explique l’OCDE:  l’urgence était de faire repartir l’économie à court terme.

Si bien que « les besoins d’investissement à long terme sont restés en  grande partie insatisfaits », selon l’organisation. Mais « aujourd’hui, le monde ne peut plus se contenter de se remettre des  crises », selon Carmine Di Noia directeur des affaires financières et des  entreprises de l’OCDE, pour qui « les grandes tendances macroéconomiques,  qu’elles soient d’ordre démographique ou climatique, exigent un niveau  d’investissement sans précédent, dont l’essentiel sera financé par  l’endettement ».

(APS)  

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