L’Iran défend « son droit » à l’enrichissement nucléaire après une mise en garde de Washington

L’Iran a réaffirmé jeudi son « droit » à l’enrichissement nucléaire, au lendemain d’une nouvelle mise en garde de Washington, qui prétend qu’il existe « de nombreuses raisons » de frapper la République islamique alors que des pourparlers indirects sont en cours entre les deux pays.
« La base de l’industrie nucléaire, c’est l’enrichissement », a déclaré le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami. Il a assuré que le programme iranien « progresse conformément aux règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) » et qu’« aucun pays ne peut priver l’Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie ».
Ces déclarations interviennent après une deuxième session de discussions indirectes à Genève entre Téhéran et Washington, que les deux parties ont convenu de poursuivre. Les négociations, relancées le 6 février à Oman sous médiation omanaise, restent toutefois marquées par de profondes divergences.
Mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a averti que l’Iran serait « bien avisé » de conclure un accord avec le président Donald Trump. « Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran », a-t-elle affirmé, réitérant la détermination des Etats-Unis à empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire « d’une manière ou d’une autre », selon les propos du secrétaire américain à l’Energie, Chris Wright.
Dans un contexte de renforcement du dispositif militaire américain dans le Golfe, Washington a dépêché deux porte-avions dans la région et maintient des dizaines de milliers de soldats sur des bases susceptibles d’être exposées en cas de riposte iranienne.
Selon des médias américains, l’armée serait prête à mener des frappes dès ce week-end, bien qu’aucune décision finale n’ait encore été annoncée par le président américain. D’après le Wall Street Journal, Donald Trump aurait été informé d’options militaires, dont certaines visant des responsables politiques et militaires iraniens.
De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est entretenu avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi. Selon Téhéran, ce dernier a affirmé que l’agence, chargée de vérifier le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, était prête à apporter son soutien dans ce cadre.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a assuré que son pays ne souhaitait pas la guerre, tout en rejetant toute tentative d’imposer une solution par la contrainte. « Nous ne voulons pas la guerre (…) Mais s’ils veulent essayer de nous imposer leur volonté (…) devrions-nous l’accepter ? », a-t-il déclaré.
Téhéran a également multiplié les avertissements, évoquant notamment la possibilité de fermer le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial du pétrole, en cas d’attaque. Les Gardiens de la Révolution ont mené récemment des manœuvres dans la zone, tandis que des exercices navals conjoints irano-russes se déroulent en mer d’Oman et dans le nord de l’océan Indien, selon la télévision d’Etat IRIB.
Malgré la reprise des discussions, l’écart entre les positions américaine et iranienne demeure important, sur fond de tensions militaires croissantes et de menaces réciproques.
(Agences)




