Les USA appuient la solution politique ; le soutien financier militaire au Maroc prend de l’eau
L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, est «à pied d’œuvre» pour tenter de trouver une solution politique au conflit dans la dernière colonie d’Afrique, a annoncé, lundi, la Maison Blanche citant un haut responsable américain.
Le même responsable a enchaîné, soulignant que «nous avons maintenant un envoyé de l’ONU, Staffan de Mistura, l’un des diplomates les plus expérimentés au monde. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les parties en conflit pour garantir que Staffan soit nommé à ce poste», a-t-il déclaré à la presse dans un briefing de fin d’année sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Il a mis en avant le souci des américains et de la communauté internationale «de garder sous contrôle ce conflit et essayer de trouver une résolution politique», a- t- il assuré.
Une annonce qui, du coup, vient assombrir davantage le ciel, par ailleurs toujours sous mauvais temps, notamment en donnant le coup de grâce au forcing de lobbying entrepris le mois passé, par Rabat afin de peser sur les décisions américaines en matière de défense, via l’engagement du cabinet de conseil Akin Gump.
Dans cette optique, faut-il rappeler, le Congress US a décidé récemment de restreindre et selon le budget- défense- 2022 approuvé par ses deux chambres, le soutien financier accordé au royaume du Maroc dans le cadre des exercices militaires multilatéraux ; conditionnant, désormais, l’octroi de ces fonds à l’engagement du Maroc pour une solution politique au conflit au Sahara occidental.
Précisément, ce budget- défense prévoit que les fonds rendus disponibles au titre de cette loi ne doivent être utilisés par le secrétaire à la Défense pour soutenir la participation des forces marocaines dans les exercices multilatérales organisés par le Pentagone que «si le secrétaire à la Défense constate, en consultation avec le chef de la diplomatie américaine, que le Maroc s’est engagé dans la recherche d’une solution politique au Sahara occidental», est-il énoncé.
A noter que cette disposition budgétaire s’inscrit en porte à faux de la décision scabreuse de l’ex-président US, Donald Trump, de reconnaître la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental.
Elle réaffirme, surtout, la position tranchée du Congrès américain, notamment sa Chambre haute, à l’égard de ce conflit.




