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Les munitions non explosées menacent environ 14 millions de soudanais, selon l’ONU

Les Nations unies ont averti qu’environ 14 millions de personnes au Soudan sont exposées aux munitions non explosées, notamment des civils et des travailleurs humanitaires, soulignant que les enfants sont les plus à risque car ils manipulent des objets dangereux sans s’en rendre compte.

Siddiq Rashid, chef du Programme de déminage des Nations Unies au Soudan, a confirmé mercredi que « les munitions explosives sont devenues l’une des menaces les plus importantes pour l’acheminement de l’aide humanitaire, car elles entravent les déplacements des équipes de secours et empêchent la livraison sécurisée de l’aide ».

Le responsable de l’ONU a souligné, lors d’un point de presse vidéo donné depuis Khartoum à des journalistes à New York, que la nature du conflit armé actuel, qui se déroule dans les villes, rend l’ampleur de la contamination par les explosifs « très préoccupante », en particulier dans la capitale, Khartoum, où les dangers sont répandus dans les maisons, les routes, les écoles et les hôpitaux, et sont souvent mêlés aux décombres.

Il a souligné l’apparition d’une nouvelle menace sous la forme de mines terrestres, sept champs de mines ayant été identifiés dans la capitale, avertissant que les familles de retour se retrouvent dans un environnement « extrêmement dangereux » sans être suffisamment sensibilisées aux risques.

Au Darfour, Rashid a qualifié la situation d' »extrêmement préoccupante », soulignant qu’El Fasher subissait des bombardements continus depuis plus de 500 jours, entraînant une pollution généralisée. Il a ajouté que l’escalade des combats au Kordofan, notamment à Kadugli, Dilling et El Obeid, aggravait quotidiennement la pollution.

Par ailleurs, le responsable onusien a reconnu que le programme de déminage avait été fortement affecté par le conflit armé en cours dans le pays, notamment par la perte de matériel essentiel, et qu’il avait quasiment été interrompu l’an dernier faute de financement.

« Malgré une certaine reprise, la réponse reste largement insuffisante », a-t-il déclaré à ce propos.

Il a expliqué que les efforts actuels comprennent la sensibilisation aux risques, les opérations de recensement et de déminage, et le soutien aux victimes, avec un accent particulier sur Khartoum en raison du retour des résidents, tandis que d’autres régions, notamment au Darfour, restent insuffisamment couvertes.

En conclusion de son exposé, Rashid a appelé la communauté internationale à « accroître d’urgence son soutien par le biais d’un financement flexible et de capacités et d’une expertise techniques renforcées », soulignant la nécessité de « faciliter le travail des programmes de déminage sans obstacles ».

(APS)

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