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Les Bourses mondiales jugent différemment les négociations commerciales

Les marchés boursiers mondiaux ont abordé de  façon contrasté l’évolution des négociations commerciales entre les  Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux, l’Europe préférant la retenue  tandis que Wall Street a franchi de nouveaux records.

« Les négociations commerciales restent au centre de l’attention à  l’approche de la date limite du 9 juillet », à partir de laquelle des droits  de douane plus élevés aux Etats-Unis devraient entrer en vigueur, souligne  Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

En Europe, Paris a perdu 0,33%, Francfort 0,51% et Londres 0,43%. Milan a  gagné 0,13%. Wall Street est passée outre ces craintes, se montrant rassurée « par le  fait que le président Trump a levé l’arrêt des négociations commerciales  avec le Canada », juge Sam Stovall, de CFRA.

La Maison Blanche a estimé lundi que le Canada a « cédé » face à Donald  Trump en renonçant à sa taxe sur les géants de la tech qui avait conduit le  président américain à rompre les négociations commerciales avec son voisin.

A la Bourse de New York, l’indice Nasdaq (+0,47%) et l’indice élargi S&P  500 (+0,52%) ont tous deux atteint un nouveau plus haut historique lundi.  Le Dow Jones a lui gagné 0,63%. Malgré ces nouveaux records sur la place américaine, depuis l’arrivée  de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis, la plupart des indices boursiers  européens ont davantage grimpé que les américains. Une situation inédite  depuis plusieurs années, tant la force d’attraction de Wall Street est  d’ordinaire puissante.

Depuis le mois de janvier, l’indice Dax de Francfort a pris plus de 20%,  contre plus de 5% pour le S&P 500, indice principal américain. Les incertitudes liées aux revirements du président américain sur sa  politique commerciale, et la crainte de l’impact des droits de douane sur  la croissance et l’inflation aux Etats-Unis, poussent les investisseurs à  placer une partie de leur argent ailleurs.

D’autant que le continent bénéficie de meilleures perspectives de  croissance, grâce aux baisses des taux menées par la Banque centrale  européenne, et aux projets d’investissements publics dans la défense et les  infrastructures, en Allemagne notamment.

Toutefois, la dynamique s’est retournée en juin: sur un mois, le Stoxx 50,  qui rassemble les principales valeurs de la zone euro, perd 0,42%, tandis  que le S&P 500 a pris près de 5%. « Les investisseurs reviennent vers la thématique de l’IA, porteuse de  croissance aux Etats-Unis », commente Pierre-Alexis Dumont, directeur des  investissements chez Sycomore AM. « Quant aux plans européens, on a salué  les annonces, maintenant on attend l’exécution », ajoute-t-il.

En revanche, les marchés « conservent leurs doutes quant à la politique  américaine », selon M. Dumont. Les investisseurs ont en tête la date du 4 juillet, à laquelle Donald  Trump aimerait voir sa « grande et belle loi » budgétaire promulguée. Ce  projet inquiète les marchés, qui ont des craintes sur la soutenabilité de  la dette américaine en raison de l’annonce de baisses d’impôts massives.

Depuis le début de l’année, le dollar est plombé par ces inquiétudes. Le  billet vert a reculé de plus de 12% depuis janvier par rapport à l’euro. Vers 20H45 GMT, le dollar reculait de 0,56% face à l’euro, à 1,1784 dollar  pour un euro, un niveau plus vu depuis 2021.

Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans  baissait à 4,23%, contre 4,28% à la clôture vendredi. Le marché du pétrole reste sur ses gardes, en attendant la décision  dimanche prochain de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses  alliés (Opep+) concernant les niveaux de production de ses pays membres qui  pourrait déboucher sur une nouvelle hausse. Le baril de WTI américain a cédé 0,63% à 65,11 dollars et celui de Brent   de la mer du Nord a perdu 0,24% à 67,61 dollars.

(APS)              

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