Le chef de l’agence pour les réfugiés rappelle aux Etats-Unis que l’ONU est indispensable

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés Filippo Grandi a tenu mercredi à rappeler aux Etats-Unis qu’en dépit de critiques justifiées, l’ONU demeure indispensable dans un monde secoué par les crises et les conflits.
« Il y a des situations où l’ONU est indispensable, parce que personne d’autre ne peut faire ce travail », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un forum de trois jours à Genève consacré aux réfugiés.
« Nous avons la légitimité, nous avons le savoir-faire, nous avons les mandats », a rappelé M. Grandi, dont le mandat se terminera à la fin de l’année après une décennie à la tête du Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR). Il a reconnu les critiques selon lesquelles l’ONU est « une organisation pléthorique, surdimensionnée et inefficace ».
« Mon message à Washington est le suivant: une fois que ce point a été établi, et que nous nous efforçons tous de nous réorganiser, n’oubliez pas que l’ONU a une valeur. »
Le HCR, basé à Genève, a été durement touché, comme d’autres agences de l’ONU, par les coupes budgétaires dans l’aide internationale depuis le retour du président américain Donald Trump au pouvoir en janvier. Outre les Etats-Unis, plusieurs autres grands donateurs ont également réduit leur contribution.
Alors que le HCR avait estimé en juin à plus de 117 millions le nombre de personnes déplacées dans le monde, un chiffre qui a plus que doublé au cours des dix dernières années, ces coupes drastiques ont contraint l’agence à réduire son aide et à fermer des services.
Le HCR a dû supprimer près de 5.000 emplois cette année, soit plus d’un quart de ses effectifs. M. Gandhi a souligné qu’il était « douloureux » pour lui de partir dans une telle situation de crise. « Si j’avais eu le choix, je n’aurais pas voulu que cette année soit ma dernière », a-t-il reconnu.
(APS)




