La répression contre le mouvement GenZ s’intensifie au Maroc face à la contestation sociale

Le Maroc est secoué depuis septembre 2025 par la mobilisation du mouvement GenZ 212, né après le décès de huit femmes enceintes dans un hôpital public d’Agadir. Ce drame a servi de déclencheur à une contestation plus large, portée par une jeunesse qui dénonce les inégalités sociales, la corruption du Makhzen et l’absence de perspectives économiques.
Issu de diverses couches sociales, le mouvement GenZ 212 s’est rapidement affirmé comme une force contestataire en s’appuyant sur les réseaux sociaux pour porter ses revendications.
Les données socio-économiques illustrent l’ampleur du malaise au Maroc : le chômage des jeunes atteint 47 % chez les 15-24 ans, tandis que le système de santé publique ne dispose que de 0,42 médecin pour mille habitants, un chiffre largement inférieur à la moyenne mondiale. Ce contexte alimente un profond sentiment de désespoir et renforcent la légitimité des revendications du mouvement.
Le Makhzen a opté pour une stratégie de répression. L’arrestation récente de Mohamed Khlaif à Casablanca, l’une des figures médiatiques de GenZ 212, illustre cette volonté de contenir la contestation. Les forces de l’ordre ont mené des perquisitions et saisi les appareils électroniques de l’activiste, soulevant des inquiétudes quant au respect des procédures légales. Selon plusieurs sources, la vague d’arrestations visant les militants du mouvement s’est intensifiée, ciblant en particulier les jeunes à l’origine de la mobilisation.
Dans un communiqué, le mouvement GenZ 212 a dénoncé un « climat préoccupant » marqué par des atteintes aux droits fondamentaux. Il rappelle que la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont garantis par la Constitution marocaine. Selon les observateurs, la répression actuelle ne fait qu’élargir la fracture entre la jeunesse marocaine et le régime du Makhzen.
Les arrestations successives, dont celle la semaine passée de la militante Zineb El Khroubi à Marrakech, traduisent une intensification de la pression exercée par les autorités.
La Cour d’appel de Marrakech a condamné, mardi 17 février 2026, quarante-huit jeunes du quartier de Sidi Youssef Ben Ali à des peines allant de six mois à six ans de prison ferme.
Ces verdicts, liés aux protestations sociales et au mouvement GenZ, s’ajoutent à une série de jugements jugés « injustes » par les défenseurs des droits humains. Parmi les condamnés figurent des mineurs et des personnes vulnérables, ce qui accentue les critiques contre la répression judiciaire des mobilisations sociales au Maroc.
Le mois dernier, dans un communiqué alarmant, l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) a dénoncé ces procès, qu’elle considère contraires aux garanties minimales d’un procès équitable et aux engagements internationaux du pays. Selon l’AMDH, « plus de 120 jeunes, dont des mineurs, ont comparu fin janvier devant la Cour d’appel de Rabat ».
Une vingtaine d’autres restent détenus sans jugement, parfois depuis plusieurs mois, ce que l’association qualifie de « violation flagrante du droit à la liberté et du droit à un procès équitable ».
L’organisation reproche aux autorités du Makhzen de « privilégier une logique de poursuites judiciaires plutôt que d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur les conditions d’arrestation ». Cette stratégie, selon elle, « traduit une atteinte grave au principe de responsabilité et contribue à renforcer l’impunité ».
L’AMDH a rappelé que « la répression ne peut constituer une réponse aux revendications sociales et légitimes des jeunes marocains », particulièrement touchés par le chômage massif. L’association a appelé à la « libération immédiate et inconditionnelle des détenus », à « l’arrêt des procès iniques » ainsi qu’à « l’ouverture d’enquêtes indépendantes ».
(Al24News)




